Blizzard refuse les accès alternatifs à Battle.net

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L’éditeur de jeux vidéo consteste devant la justice l’usage d’un outil alternatif d’interconnexion à sa plate-forme de jeux en réseau. C’est une atteinte à la liberté d’innover, selon l’Electronic Frontier Foundation.

Des créateurs de logiciels libres peuvent-ils, sans être inquiétés, greffer leurs propres contributions sur des logiciels grand public commercialisés ? C’est sous cet angle que L’Electronic Frontier Foundation (EFF), un organisme américain qui milite pour une vision libre du monde de l’Internet, présente l’affaire qui oppose Blizzard, éditeur de jeux vidéo et gestionnaire de la plate-forme de jeu en ligne Battle.net, à un groupe de développeurs alternatifs baptisé Internet Gateway.

Ce groupe, dont le noyau est composé de deux informaticiens et d’un administrateur système, a développé un émulateur en open source baptisé BnetD, qui permet de se substituer ou de s’interconnecter à Battle.net. A l’origine, l’Internet Gateway voulait trouver une solution pour contourner les encombrements sur les serveurs officiels de Battle.net et pour éviter les joueurs en ligne qui trichaient. Il est possible de copier et de modifier à volonté le programme BnetD, gratuitement mis à disposition de la communauté des joueurs.

Mais la création d’un accès alternatif à l’univers de Battle.net a déplu à l’éditeur de jeux vidéo, qui fait partie du groupe Vivendi Universal. Blizzard a poursuivi BnetD en justice pour violation des conditions d’utilisation de la licence et en vertu de la loi Digital Millennium Copyright Act. Le 30 septembre, l’éditeur a remporté une première manche en obtenant gain de cause auprès d’un tribunal de district de Saint-Louis dans l’Etat du Missouri.

La création de nouveaux programmes devient impossible, estime l’EFF

Mais l’EFF, qui a mandaté un avocat pour soutenir les développeurs mis en accusation, refuse de lâcher prise. “Cette décision de justice de première instance place dans l’illégalité la plupart des efforts produits pour reconfigurer des programmes logiciels déjà commercialisés. Cela rend impossible la création de nouveaux programmes destinés à assurer une interopérabilité avec d’anciens systèmes (…) et cela réduit au bout du compte le choix des consommateurs finaux”, affirme l’EFF dans sa ligne de défense. L’organisation a contesté cette décision devant une juridiction d’appel, la 8th Circuit Court of Appeal.

Depuis son inauguration en janvier 1997, la plate-forme de jeu en ligne Battle.net a séduit douze millions de joueurs dans le monde. En moyenne, sur une journée, Blizzard recense 200 000 internautes connectés simultanément avec des pics pouvant atteindre 400 000. Le 23 novembre prochain, l’éditeur compte lancer son nouveau jeu de rôle massivement multijoueur World of Warcraft aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande dans un premier temps. Les déploiements pour les pays européens et asiatiques “suivront rapidement”, selon le communiqué de presse de l’éditeur.


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