Les bloqueurs de pub ne décollent pas sur les smartphones des Français

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Ipsos constate, dans une étude pour l’IAB France, que les appareils mobiles font exception à la progression de l’usage des adblockers dans l’Hexagone.

La domination du duo Android – Chrome sur le marché français des smartphones se fait ressentir dans la deuxième vague du baromètre qu’Ipsos réalise pour le compte de l’IAB France sur la thématique des bloqueurs de pub.

L’institut n’établit pas de relation formelle entre la percée de l’écosystème de Google et la baisse de l’utilisation des adblockers sur mobile. On peut toutefois supposer un lien de cause à effet, notamment au regard d’une étude publiée cet été par PageFair.

L’entreprise d’origine irlandaise, qui fournit des outils destinés à lutter contre le développement des solutions d’adblocking, mettait en avant* la faible adoption des applications de type Crystal Adblock, Shield ou 1Blocker, la forme de blocage la plus répandue restant – et de loin – les navigateurs Web.

Tablettes et smartphones confondus, Chrome capte, au dernier pointage de StatCounter, près de 40 % du marché des navigateurs Web mobiles en France. Or, la procédure pour y installer un module de type adblock n’est pas aussi directe que sur desktop ; et certaines fonctionnalités ne sont exploitables que si l’appareil est « rooté ».

Doit-on y percevoir une explication au comportement des Français ? Sur les 36 % qui déclarent disposer d’un adblock (ils étaient 30 % en janvier, lors de la première vague du baromètre Ipsos), seulement 12 % ont franchi le pas sur tablette et 13 % sur smartphone. Ils sont, en revanche, 70 % à l’avoir fait sur leur ordinateur portable et 53 % sur leur ordinateur de bureau.

Le phénomène progresse dans toutes les catégories d’âge : 55 % des 16-24 se disent désormais utilisateurs d’au moins un bloqueur de pub (+ 4 %), quand ils sont 45 % chez les 25-34 (+ 15 %), 33 % chez les 35-49 (+ 17 %), 31 % chez les 50-59 (+ 19 %) et 26 % chez les plus de 60 ans (+ 30 %).

Lassitude ?

Les raisons d’installer un bloqueur de pub sont globalement les mêmes que celles qu’Accenture avançait au printemps dans un rapport sur le même sujet : 50 % des sondés qui ont fait le pas réclament davantage de variété dans les publicités. 40 % réclament moins d’encombrement ; 37 %, une meilleure contextualisation ; 28 %, plus d’originalité.

Les collectes de données personnelles constituent également un motif d’inquiétude massivement exprimé, quand bien même les « Millenials » se montrent un peu plus ouverts : 36 % affirment être « tout à fait d’accord » quand on leur suggère que la pratique peut présenter des avantages. Ils sont aussi 31 % à assurer savoir comment déjouer ou limiter ce recueil d’informations.

D’après l’IAB France, qui s’était distingué en début d’année en publiant une tribune pour appeler à la « créativité par rapport aux innovations techniques » et à « l’utilisation intelligente et respectueuse des data [sic] », il existe des motifs d’espoir. Notamment le fait que le taux de sondés déclarant avoir abandonné l’utilisation de leur(s) adblocker(s) est passé de 5 % en janvier à 9 % en novembre.

Les Français sont aussi de plus en plus nombreux à désactiver occasionnellement leur bloqueur de pub : 59 %, contre 56 % il y a dix mois. Le taux monte à 70 % chez les plus jeunes, mais c’est plus souvent sous la contrainte (84 % ; + 35 points) que par solidarité envers les sites (28 % ; + 15 points).

* PageFair soulignait aussi l’émergence d’outils qui permettent de bloquer la pub sur un service en particulier, comme l’application Friendly Social, destinée à agréger plusieurs comptes de réseaux sociaux sur la même interface.


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