Blu-Ray Disc – HD DVD : pas de format commun en vue

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Deux technologies, incompatibles entre elles, débarqueront sur le marché des DVD de nouvelle génération. Au consommateur de trancher.

La nouvelle génération de DVD ne bénéficiera pas d’un format commun. Du moins, pas dans l’immédiat. Les principaux acteurs du secteur, Sony et Toshiba, auraient renoncé à poursuivre les discussions autour d’un accord sur un format commun à leurs technologies, selon le journal en ligne japonais Yomiuri. La fin août constituait la date limite pour trouver un terrain d’entente afin de développer un nouveau format (ou que l’un des deux acteurs abandonne sa technologie au profit de l’autre) avant le lancement commercial des nouveaux produits.

La période de négociation arrivant à terme, deux technologies incompatibles de lecture/écriture des DVD de nouvelle génération débarqueront donc sur le marché, rappelant ainsi la guerre des formats vidéo qui opposait le Betamax de Sony au VHS de JVC et Matsushita autour des années 1980. Ce sera donc aux constructeurs, producteurs, diffuseurs de contenus et, surtout, aux consommateurs de trancher entre le Blu-Ray Disc (BRD) de Sony/Philips et le HD-DVD de Toshiba/NEC. Le pire, pour les industriels, serait une indifférence des consommateurs à l’égard de ces nouvelles technologies jusqu’à ce qu’un standard fasse son apparition.

200 Go par disque

Rappelons que les nouvelles générations de DVD promettent, à surface égale, des capacités de stockage multipliées par plus de quatre par rapport aux offres actuelles. Ce grâce à l’usage d’un laser bleu-violet à longueur d’onde plus courte que le laser rouge et qui, en nécessitant moins d’espace pour une même quantité d’information, autorise ainsi une plus grande capacité de stockage. Des capacités qui permettront notamment la diffusion des longs métrages en haute définition (encore faut-il disposer de l’écran approprié pour pouvoir en profiter).

Le BRD de Sony permet d’atteindre environ 25 Go de données par couche et par face, soit un total de 100 Go par disque si l’on exploite les quatre couches des deux faces. Sony expérimente d’ailleurs une technologie de 4 couches par face qui permettrait de doubler la capacité de stockage (voir édition du 23 septembre 2004).

Convaincre un maximum de partenaires

De son côté, le HD DVD supporte “seulement” 15 Go de données par face et par couche, soit des disques de 60 Go de moindre capacité que ceux de la concurrence. Mais Toshiba met en avant la compatibilité du HD DVD avec les

actuelles chaînes de production des DVD, ce qui réduit les investissements nécessaires pour basculer d’une technologie à l’autre. D’autant que la technologie évolue vite. Si bien qu’en mai dernier, Toshiba annonçait avoir porté à 45 Go par couche (au lieu de 30) la capacité de ses disques (voir édition du 11 mai 2005). De son côté, Sony a adopté la technologie anti-rayures de TDK qui permet désormais d’exploiter les BRD indépendamment de leur cartouche protectrice, laquelle est quelque peu rédhibitoire pour des usages grand public.

Bref, chacun y va des avantages de son produit face à celui de la concurrence pour tenter de convaincre un maximum de partenaires d’adopter son format. Et en la matière, le BRD semble prendre l’avantage. La Blu-Ray Disc Association (BDA), qui regroupe une centaine de membres, a rallié à elle la plupart des studios hollywoodiens (Twentieth Century Fox, Universal, Disney/Buena Vista, Miramax, Touchstone, la MGM, ESPN, Sony Pictures…), des majors du disque (Vivendi Universal Music, Sony Music), des éditeurs de jeux (Electronic Arts, Vivendi Universal Games) et des industriels de l’électronique et informatique (Sony, Hitachi, Sharp, Panasonic, LG Electronics, Pioneer, Philips, Mitsubishi, Samsung Dell, Apple, HP…). Autant d’acteurs qui devraient proposer matériels et contenus lors de la disponibilité commerciale du format.

Microsoft soutient le HD DVD

De plus, selon les résultats d’un sondage mené par le cabinet américain Penn, Schoen and Berland Associates pour le compte de la BDA, le Blu-Ray serait le format de prédilection de 58 % des 1 200 consommateurs américains interrogés, contre 16 % pour le HD DVD (les 26 % restants constituent les indécis). Un taux qui monte à 66 % en faveur du BRD parmi les consommateurs particulièrement friands de nouveautés électroniques contre 15 % pour le HD DVD.

Mais rien n’est gagné d’avance. En signant, en avril dernier, un accord de développement de son lecteur multimédia avec la Warner, Microsoft pencherait plutôt pour le format HD DVD. Un acteur de poids qui pourrait indiquer au marché la direction à prendre. Mais on connaît également la capacité de l’éditeur à corriger le tir face aux tendances du marché. De plus, Toshiba/NEC se dit prêt à lancer ses premiers lecteurs HD DVD avant la fin de l’année. Et la Warner a déjà prévu de fournir des films dans ce format pour le quatrième trimestre 2005. Une avance de quelques mois sur le BRD qui pourrait faire ses premiers pas à travers la Playstation 3 de Sony, attendue pour le printemps 2006.


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