Bouygues Telecom : 2000 emplois sur la sellette ?

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Fragilisé après le rachat de SFR par Numericable, Bouygues Telecom projetterait un plan d’économies qui pourrait impliquer jusqu’à 2000 suppressions de postes.

Déstabilisé par l’arrivée de Free sur le marché mobile et plus récemment par l’échec du rachat de SFR, Bouygues Telecom esquisserait actuellement un plan d’économies.

Outre un déménagement d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) à Vélizy (Yvelines) et une refonte de l’offre commerciale afin de réduire les coûts liés à la gestion informatique et à la relation client, la filiale du groupe BTP est pressentie pour supprimer 1500 à 2000 postes. Soit près d’un quart d’une masse salariale qui compte actuellement quelque 9000 collaborateurs.

Les représentants syndicaux qui se sont confiés au Figaro s’attendent à une annonce avant l’été… mais après les élections européennes du 25 mai. Un comité de groupe se tiendrait en l’occurrence à la fin du mois, pour mettre en perspective les résultats trimestriels que Bouygues aura présentés ce jeudi 15 mai. Ceux de sa filiale télécoms seraient, selon un délégué Force ouvrière, marqués par une chute du chiffre d’affaires : -26% en deux ans avec, sur la même période, une augmentation des coûts (+10%) et la perte de 200 000 clients. Le revenu par abonné (ARPU) aurait par ailleurs baissé de 18%, conséquence de la migration de nombreux clients vers les offres de la marque low cost B&You.

Relativement avancé grâce à l’accord d’exploitation sur la bande de fréquences à 1800 MHz historiquement allouée aux technologies GSM, le déploiement de la 4G n’aurait pas non plus engendré les performances commerciales escomptées : les réseaux mobiles de nouvelle génération génèrent “le CA le plus faible des trois opérateurs historiques”, selon un représentant CFDT.

Les syndicats sont moins inquiets sur la question du fixe. Bouygues Telecom aurait, qui comptait 2 millions de clients Bbox au dernier pointage, aurait recruté de nombreux abonnés avec son offre triple play (Internet haut débit, télévision, téléphonie fixe) à 19,99 euros lancée en mars dernier. L’opérateur a promis de prendre racine dans le fixe avec de nouvelles offres qui seront présentées “avant l’été”. La fibre devrait également être concernée cette année.

Sur mobile, l’heure est à l’optimisation des coûts de fonctionnement, notamment à travers une simplification du catalogue, qui regroupe à l’heure actuelle 10 forfaits, dont 4 sans engagement chez B&You. Il s’agira aussi de capter “davantage de valeur” en promouvant les services complémentaires : streaming musical, télévision en direct, vidéo à la demande…

L’annonce d’un tel plan d’économies relancerait le débat sur la situation de Bouygues Telecom et ce probable adossement à un autre opérateur. C’est la piste retenue par Arnaud Montebourg. Le ministre de l’Économie et du Redressement productif, dont les prérogatives s’étendent désormais au numérique, s’était ouvertement prononcé en faveur de Bouygues pour absorber SFR… avant que Numericable ne l’emporte.

Face aux inquiétudes d’Arnaud Montebourg en matière d’investissements dans l’infrastructure très haut débit, Patrick Drahi (le patron d’Altice, propriétaire de Numericable) a formulé un certain nombre d’engagements, dont le maintien de l’emploi, avec 2000 salariés issus de Numericable et 8500 de SFR. Il s’est également engagé à respecter les objectifs définis par le gouvernement Ayrault dans le cadre du Plan France Très Haut Débit : SFR-Numericable prévoit de relier 12 millions de foyers d’ici 2017… et 15 millions en 2020, avec un réseau densifié qui assurera également l’interconnexion pour la 4G et la future 5G.

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Bouygues Telecom : la creation
La création de Bouygues Telecom remonte à 1994. C'est une filiale du groupe Bouygues.

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Crédit photo : Silicon.fr


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