BPCE acquiert Fidor : emplettes dans la FinTech allemande

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Après LePotCommun.fr et Depopass en France, le groupe BPCE met la main sur une FinTech d’origine allemande : la banque en ligne Fidor.

Pour alimenter sa stratégie digitale, BPCE s’approvisionne dans l’écosystème FinTech allemand.

Le groupe français, qui fédère les réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne, mais aussi Natixis, le Crédit Foncier et la Banque Palatine, annonce l’acquisition de Fidor Bank AG.

Sous réserve d’un accord des autorités de contrôle et de la concurrence, l’opération – dont le montant n’est pas communiqué – devrait être bouclée au 4e trimestre 2016.

BPCE pourra alors officiellement établir des jonctions entre son offre et celle de cette banque en ligne qui avait obtenu sa licence en 2009, peu après le début de la Grande Récession consécutive à la crise des subprimes.

La banque entre amis

Basée à Munich, Fidor Bank est pour le moment accessible aux résidents allemands et britanniques (uniquement en B2C dans ce dernier cas). Sous le slogan « Banking mit Freunden » (« La banque entre amis »), elle propose un portefeuille de services allant de l’épargne au crédit.

Son modèle est particulier : il se fonde sur une architecture ouverte qui permet une fonctionnalité temps réel (« les opérations clés peuvent être traitées en moins de 60 secondes ») et l’intégration de services tiers au moyen d’API. Le groupe Telefónica a récemment rejoint la boucle avec son offre de compte bancaire mobile O2 Banking.

Plutôt que de s’appuyer sur des conseillers financiers, Fidor mise sur une gestion ludique faite de transparence et d’interaction entre les 350 000 membres que compte la communauté (pour 120 000 clients actifs).

Le caractère 100 % digital de la banque se confirme dans les conditions tarifaires : pas de transactions par chèque, ni de dépôts d’espèces. Quant au tableau précisant les frais appliqués à la recherche d’écritures archivées, il est intitulé « Si vous aimez le papier »…

Autre illustration du positionnement digital : il existe une offre d’épargne dont le taux d’intérêt varie en fonction des mentions « J’aime » sur la page Facebook de Fidor. Au Royaume-Uni, ce taux est passé à 0,3 % une fois franchie la barre des 2 000 « like ». Il sera relevé à 0,35 % quand les 4 000 « like » seront atteints ; à 10 000, il sera fixé à 0,5 %.

Le million !

En matière d’innovation, Fidor s’était distingué en lançant, en mai 2014, l’exploitation du protocole Ripple pour permettre à ses clients de transférer de l’argent dans n’importe quelle devise, à l’international, avec des frais moins importants que par les canaux traditionnels, en contournant les réseaux d’acceptation.

La licence détenue par Fidor ne lui permet pas encore d’assurer des transactions depuis et vers tous les pays. Il n’est, par ailleurs, pas possible d’ouvrir un compte commun. Pour le reste, tout se gère en ligne, jusqu’au réglage du montant maximal par paiement (limité à 500 euros par défaut sur le compte de base).

Ancien de DAB Bank AG, Matthias Kröner est à l’origine de Fidor avec les dénommés Michael Maier, Martin Kölsch et Steffen Seeger (qui ont plus ou moins pris de recul sur l’opérationnel). Avec le passage dans le giron de BPCE, il conservera ses fonctions de DG et restera actionnaire.

Dans une vidéo publiée pour l’occasion par Fidor (voir ci-dessous ; contenu en allemand), il revient sur l’essor des FinTech, affirmer viser le million de clients dans un horizon de 3 à 5 ans… et rassure ces derniers en expliquant que « rien ne changera pour eux ».

Jamais deux sans trois

Pour BPCE, qui revendique 8 000 agences en France pour 8,9 millions de sociétaires, c’est un pas de plus dans le digital après la prise de contrôle, en mai dernier, de Serenipay.

Cette start-up est à l’origine de Depopass, service présenté comme une alternative numérique au chèque de banque, pour faciliter et sécuriser le paiement entre particuliers lors de l’achat-vente de véhicules et de biens de valeur.

Autre acquisition : celle de la jeune pousse parisienne LePotCommun.fr, à l’origine d’une plate-forme de cagnottes en ligne. En octobre dernier, BPCE avait pris 85 % du capital, en prévoyant de monter à 100 % sous trois ans.

On notera aussi l’arrivée, prévue pour septembre, d’Yves Tyrode, qui prendra les fonctions de CDO après avoir occupé ce poste au sein du groupe SNCF.

Photo d’illustration (capture d’écran YouTube) : Matthias Kröner © Fidor Bank AG


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