Bpifrance actionne un levier post-amorçage pour la biotech et l’e-santé

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Bpifrance a sélectionné sept sociétés de son portefeuille pour la première saison d’un programme d’accélération axé biotech et e-santé.

Bpifrance voit plus loin avec BioSerenity, CorWave, Eyevensys, GamaMabs, H4D, SparingVision et Step Pharma.

Après avoir financé, à différents stades de développement, ces sociétés du secteur de la santé et des biotechnologies, la banque publique d’investissement les accueille au sein d’un nouveau programme d’accélération.

Cette « promotion pilote » embarque pour un an d’accompagnement, avec des partenaires comme le laboratoire pharmaceutique Roche et le groupe d’hospitalisation privée Elsan.

SparingVision, qui a émergé l’an dernier de l’Institut de la Vision, en est le benjamin.

La jeune pousse entre en phase de validation préclinique pour son traitement contre les dégénérescences rétiniennes héréditaires, dont la plus fréquente, nommée rétinopathie pigmentaire, toucherait 40 000 patients en France et près de 2 millions dans le monde.

Basée sur une protéine naturellement présente dans les rétines saines, la thérapie doit notamment permettre de prévenir ou de ralentir la dégénérescence des cônes. Elle a valu à SparingVision de lever 15,5 millions d’euros avec Bpifrance, la Fondation Voir & Entendre et le Fighting Blindness Clinical Research Institute (premier investissement en fonds propres pour la fondation américaine).

Télémédecine et thérapie génique

Également basé à Paris, mais né en 2008, Eyevensys est sur un segment proche : le traitement des indications ophtalmiques par thérapie génique, via les protéines oculaires.

Des essais cliniques ont récemment démarré pour son produit phare, destiné à traiter l’uvéite non infectieuse.

Bpifrance est intervenu à deux reprises dans le cycle de financement d’Eyevensys : en 2012 pour une levée d’amorçage d’un montant de 1,6 million d’euros, puis entre 2015 et 2016 pour un tour de table de 9 millions.

Autre société dont la création remonte à 2008 : H4D, dont le siège se trouve à Aix-en-Provence, avec des bureaux dans la capitale.

Elle a obtenu, cette année, l’agrément pour lancer, aux États-Unis, son offre actuellement déployée sur 7 marchés avec des clients comme Vinci et Malakoff Médéric : une solution globale de télémédecine basée sur une « cabine médicale connectée » et une quarantaine de médecins référencés.

Bpifrance était entré au capital de H4D l’an dernier, à l’occasion d’un tour de table de 6,7 millions d’euros auquel CNP Assurances avait également souscrit.

Au club Bpifrance

Pour certains, la relation avec la banque publique d’investissement a été plus loin. Illustration avec CorWave, qui a participé, aux côtés d’une quarantaine d’autres entreprises, au programme « Scale up » de Bpifrance Le Hub.

Aujourd’hui installée à la pépinière Paris Santé Cochin, la société avait pris son envol au sein de MD Start, structure qui réunit des industriels du « dispositif médical » parmi lesquels le groupe américain Medtronic.

L’idée originale était signée d’un ingénieur des Arts et Métiers qui destinait son invention à un usage industriel. C’est un investisseur du fonds Sofinnova qui a eu l’idée de l’appliquer au secteur de la santé.

Il en a résulté des pompes cardiaques dont le mécanisme s’inspire de la nageoire d’un poisson, au travers d’une membrane ondulante qui doit permettre de se rapprocher du fonctionnement naturel du cœur, afin de réduire les complications physiologiques liées à l’implantation de tels dispositifs.

Bpifrance avait accompagné une première levée de fonds en 2013 (pour 3,3 millions d’euros) et avait remis au pot fin 2016 (pour 15,5 millions d’euros).

Le défi des tests cliniques

GamaMabs, Step Pharma et BioSerenity en sont tous trois à un niveau de financement similaire.

Le premier, né en 2013 à Toulouse et disposant de bureaux à Boulogne-Billancourt, s’appuie sur des technologies issues du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies. Il développe des anticorps thérapeutiques pour le traitement du cancer.

Son projet le plus avancé est entré en clinique au 1er semestre 2016, pour des résultats attendus fin 2017. Il s’agit d’un anticorps qui cible le récepteur 2 de l’hormone antimüllérienne.

Bpifrance était intervenu en 2013 dans le cadre d’un tour de table de 3,6 millions d’euros et avait remis au pot fin 2015 lors d’une opération à 15 millions d’euros emmenée par Edmond de Rothschild Investment Partners.

Du côté de Step Pharma, on a récemment annoncé la deuxième tranche d’un tour de table de 14,5 millions d’euros auquel ont participé, outre Bpifrance, trois investisseurs historiques : Sygnature Discovery, Kurma Partners (fonds spécialisé santé et biotechnologies) et l’institut Imagine, où travaille Sylvain Latour.

Ses découvertes – ainsi que celles d’Alain Fischer, qui fut directeur de l’institut Imagine, ont conduit, en 2014, à la création de Step Pharma, qui développe des inhibiteurs chimiques pour le traitement des maladies auto-immunes.

BioSerenity a également lancé ses activités en 2014, à Versailles. Aujourd’hui installée à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, elle propose aux laboratoires pharmaceutiques une solution technologique de télé-expertise et de suivi continu des patients.

Ses travaux, portés sur quatre grandes pathologies (épilepsie, maladies cardiologiques, suivi des grossesses, troubles du sommeil), associent des dispositifs physiques (textiles connectés), une application mobile et une brique d’analyse de données pour l’aide au diagnostic.

Kurma Partners y avait mis un ticket en 2015 lors d’une levée d’amorçage de 3 millions d’euros. Bpifrance a contribué au deuxième tour de table, officialisé en septembre pour 15 millions d’euros.

Photo d’illustration via Visualhunt.com


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