Brevets Unix : IBM réfute les accusations de SCO

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Pour IBM, les accusations de SCO – qui lui reproche d’avoir utilisé des brevets Unix au profit de Linux – ne sont que mensonges. De son côté, SCO s’est livré à une comparaison des codes sources et a pointé les exemples de contrefaçon.

IBM a remis à la cour du district de l’Utah sa réponse à l’accusation de violation de droits de propriété intellectuelle relatifs à Unix au profit de Linux, accusation portée contre lui par SCO Group, distributeur d’une suite Linux et éditeur d’un Unix propriétaire (voir édition du 28 mars 2003). IBM a nié en bloc tous les chefs d’accusation et a, en retour, reproché à SCO de viser à travers lui la communauté des développeurs de logiciels libres dont il chercherait à ralentir les travaux en s’arrogeant indûment des droits de propriété intellectuelle sur des technologies clés. SCO n’a pas encore réagi officiellement à la déposition d’IBM. Cependant, dans un entretien accordé à News.com, le directeur général de SCO a campé sur ses positions ; il a en outre révélé qu’après comparaison de son Unix, UnixWare, avec Linux, il est apparu que des portions du code source du premier avaient bel et bien été copiées dans le noyau du second, parfois intégralement, parfois légèrement modifiées de façon à masquer la contrefaçon.

Après IBM, à qui le tour ?Dans l’hypothèse où SCO parviendrait à prouver devant une cour de justice la véracité de ses allégations, la question est de savoir comment il cherchera à en tirer profit. Après IBM, s’attaquera-t-il aux distributeurs Linux ? Sur ce point, sa position est ambiguë : en tant que membre d’UnitedLinux, qui regroupe plusieurs distributeurs, il s’est voulu dans un premier temps rassurant, affirmant sa volonté de restreindre son offensive judiciaire à IBM. Mais voilà que lors du même entretien, le directeur général de SCO a déclaré qu’il y a “un problème à régler avec ces gens [les distributeurs Linux, Ndlr] également”. Cette affaire révèle en tout cas que la principale faiblesse de Linux et plus généralement du mouvement Open source n’est pas technique mais juridique. Les développeurs indépendants, en effet, ne sont pas au fait de la législation sur la propriété intellectuelle et ont probablement commis plus d’une imprudence qui fragilise tout l’édifice. Autre question : quel sera l’impact du procès à venir sur l’attitude des entreprises vis-à-vis de Linux et des logiciels libres ? Peut-être seront-ils tentés de s’en détourner pour ne pas risquer d’être dans l’illégalité. Aussi importe-t-il, pour l’avenir de Linux, que ce problème de propriété intellectuelle soit réglé au plus vite.


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