Brigad : la start-up RH qui avait séduit Uber lève à nouveau des fonds

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Brigad, qui se présente volontiers comme un « Uber de l’intérim » pour le secteur de l’hôtellerie-restauration, lève 2,2 millions d’euros.

Brigad redonne de la voix sur Twitter.

Hier encore, la seule activité sur le compte depuis le mois d’octobre était un retweet ponctué du hashtag #restaurateurconnecté.

Depuis ce matin, c’est l’ébullition. Et pour cause : la start-up fondée en novembre 2015 à Paris* a levé 2,2 millions d’euros.

L’accélérateur 50Partners, au sein duquel Brigad évolue depuis avril 2016, remet au pot après avoir contribué à la levée d’amorçage annoncée l’été dernier, pour un montant « inférieur à un million d’euros ».

Le tour de table tout juste officialisé est marquée par l’arrivée d’un nouvel entrant : le fonds anglais Square Capital, qui compte accompagner le développement de la jeune pousse sur « le marché londonien, où le potentiel est énorme ».

Hôtellerie-restauration

En l’état, Brigad est présent en région parisienne avec une offre qu’elle décrit, dans ses CGU (document PDF, 21 pages), comme « une plateforme de mise en relation […] permettant aux Établissements [sic] rencontrant un besoin ponctuel de recourir aux services [d’indépendants] pour l’exécution d’une mission ».

Précisant bien n’être « ni un cabinet de recrutement ni une agence d’intérim », la SAS préfère se donne pour mission de « simplifier le recrutement dans les industries qui connaissent un turn-over [sic] élevé ».

Le lancement public de sa plate-forme remonte à octobre 2016, après plusieurs mois d’expérimentation. Pour l’heure, l’offre vise les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration, où le besoin en main-d’œuvre est dit « non seulement critique mais [aussi] très fluctuant ».

D’un côté, les indépendants (sociétés, autoentrepreneurs…), surnommés les « Brigaders » ; de l’autre, les professionnels, qui peuvent déposer leurs annonces sur Internet ou par SMS.

De l’analyse de données couplée à une dose d’intelligence artificielle permet d’associer à chaque mission dix profils. Le premier qui répond positivement – dans un délai de 10 minutes – est sélectionné.

25 % de commission

Brigad cherche à aller au-delà de la mise en relation en s’occupant du paiement, mais aussi de l’assurance : une couverture spécifique « responsabilité civile prestataire de service » a été souscrite auprès d’AXA.

Le volet contrat est également pris en charge. On nous annonce des tarifs horaires « fixés de sorte à ce que [sic] les revenus des indépendants soient [sic] supérieurs à la moyenne du marché (à prestation équivalente) ».

Les tarifs en question figurent en pages 8 et 9 des CGU. On relèvera les 17 euros TTC de l’heure proposés pour un commis ou un pizzaïolo ; les 22 euros pour un responsable de salle ou un pâtissier ; les 25 euros pour un maître d’hôtel ou un chef cuisinier…

Pour tous ces services, Brigad prélève 25 % TTC du montant des missions, sauf si celles-ci ne sont pas exécutées – auquel cas il existe des frais de dossier ou des possibilités d’avoirs si l’annulation est à l’initiative de l’établissement.

Le coup de pouce d’Uber

Revendiquant « près d’un millier de clients à Paris » et une communauté de 3 500 membres pour 4 000 heures travaillées en janvier, la start-up évoque clairement, dans sa communication, les secteurs de la vente, de la construction, de la santé et de l’éducation, vers lesquels elle pourrait diversifier son modèle à terme.

On l’avait découverte dans le cadre du concours UberPITCH organisé au printemps dernier à l’échelle de 37 villes d’Europe (9 en France) en partenariat avec 50Partners pour dénicher des produits et services innovants dans le domaine de la mobilité. Elle faisait partie des quatre projets lauréats, Uber participant finalement à sa levée d’amorçage.

* L’équipe fondatrice est composée d’Alexandre Rovetto (DG ; diplômé de l’EDHEC, ex-Google et Microsoft), de Florent Malbranche (également passé par l’EDHEC ; ex-Accenture) et de Jean Lebrument (Epitech ; à l’origine de Jamjitsu, app de création de playlists collaboratives). Les deux derniers s’étaient côtoyés auparavant chez Printic, service d’impression de photos sur mobile, acquis par M6 en 2014.

Crédit photo : page Facebook Brigad


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