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C. Paul (député PS): « Sur Jiwa.fr, j’ai écouté, en accès gratuit et en streaming, un album de Carla Bruni »

Le ton est donné à l’Assemblée nationale juste avant l’examen du projet de loi Hadopi. Extraits des premières joutes politiques.

(Correction article 12/03/09 à 10:00) Petit tour d’échauffe à l’Assemblée nationale dans le cadre des débats sur le projet de loi Création et Internet. Les discussions ont débuté en fin d’après-midi mais l’examen du texte stricto sensu commençait ce soir.

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, commence par un tour d’horizon de la situation. « Pendant des années, nous nous sommes demandé si le piratage de masse menaçait véritablement le renouvellement de la création et tous les métiers des industries culturelles. Nous n’en sommes aujourd’hui plus au stade de l’inquiétude, mais à celui du constat. Et ce constat est accablant : c’est à un véritable désastre, économique et culturel, que nous assistons. »


La représentante du gouvernement poursuit sa charge dans sa vision anti-piratage : « Pour cela, il y a urgence à responsabiliser l’internaute et à extraire le pirate de la sphère d’irréalité dans laquelle il évolue aujourd’hui comme dans une bulle en apesanteur ».

Les réseaux peer to peer sont clairement visés. « je veux mentionner les dangers du piratage qui concernent plus particulièrement les jeunes ou très jeunes internautes. S’ils manient l’outil numérique avec virtuosité, ils n’en demeurent pas moins particulièrement vulnérables face à un Internet affranchi de toute régulation. »

Du X derrière Astérix

Selon Christine Albanel, les réseaux P2P sont jugés nocifs : « On constate sur les réseaux de pair à pair une offre illégale massive de films pornographiques ou violents qui se cachent sous les titres de films grand public. Je ne prendrai qu’un exemple, le réseau eDonkey, particulièrement fréquenté. Combien de parents dont les enfants naviguent sur ce réseau savent que des films pornographiques se cachent derrière 60 % des fichiers d’ Astérix aux Jeux olympiques et du Renard et l’enfant ou encore 45 % des fichiers de Bienvenus chez les Ch’tis ? L’existence d’une offre pirate porte donc une atteinte grave à la protection des mineurs que seule l’offre légale est susceptible de garantir, en l’absence de parade technique. »

Franck Riester, député UMP (Seine-Et-Marne) et rapporteur du projet de loi, s’appuie sur des chiffres pour montrer le profond malaise : « Aujourd’hui, en ce qui concerne la musique, près d’un milliard de titres sont piratés en France chaque année. Pour le cinéma, 450 000 films sont téléchargés illégalement chaque jour, soit l’équivalent du nombre quotidien d’entrées en salles. »

Bernard Gérard, député UMP du Nord et rapporteur pour avis, poursuit dans le même élan : « En défendant la création artistique, nous tentons de défendre les artistes mais aussi l’industrie culturelle. Faut-il rappeler que, dans le secteur du disque, 90 % des entreprises ont moins de 20 salariés, 92 % dans le domaine du cinéma, et 90 % dans l’audiovisuel. Ces entreprises sont menacées directement de fermeture par le piratage. Ce ne sont pas des majors. »

Patrick Bloche : « la vraie question, c’est le streaming »

Dans le cadre d’une demande d’exception d’irrecevabilité déposée par le groupe socialiste de l’Assemblée nationale (mais qui ne sera finalement pas adoptée), Patrick Bloche, député PS de Paris, sort ses premiers arguments pour contrer le projet de loi. « On ne fait jamais de bonne loi en organisant la confrontation entre nos concitoyens, en l’occurrence, avec ce texte, en opposant les créateurs aux internautes, c’est-à-dire les artistes et leur public. »

(lire la suite page suivante)

Derniers commentaires




8 Responses to C. Paul (député PS): « Sur Jiwa.fr, j’ai écouté, en accès gratuit et en streaming, un album de Carla Bruni »

  • Le 12 mars 2009 à 10:23 par alain

    Bonjour,

    Les industries cinématographiques et musicales voient leurs revenus chuter c’est un fait. Mais le piratage n’est pas en cause.

    Si on a de l’argent on achète, quand on en a pas ou on s’en passe ou on trouve d’autres moyens…

    Il y a 15 ans, à l’âge d’or de la musique si on les croit, le téléphone portable et internet n’existait pas. Une famille maintenant, paie pour un abonnement internet, pour un abonnement téléphone portable pour le père, pour la mère, voire pour un ou deux enfants. C’est une sacré somme tous les mois.

    Il y a 15 ans cet argent aurait servie à acheter des CD audio, à aller au cinéma… voilà la vrai réponse !

    Nous consommons plus mais le pouvoir d’achat a diminuer.

    Peut-être que les majors pourraient se passer de quelques millions de bénéfice ? Ils pourraient réduire leurs marges ? A non, ça ils ne veulent pas.

    Et si on compare les revenus des artistes à une personne qui travaille en usine, n’y a t-il pas un problème également ?

    Ce sont ces questions que l’on doit abordés, et pas le peer-to-peer qui est déjà obsolète !

  • Le 12 mars 2009 à 10:55 par nadopi

    Tout à fait d’accord. Le P2P c’est le passé, maintenant place au streaming Jiwa et autres. C’est un nouveau mode de consommation de la musique auquel nous assistons. Mme Albanel et son équipe en son restés aux années 2000. Cette loi a vocation à détruire les sites d’écoute de musique en streaming

  • Le 12 mars 2009 à 11:58 par Duchnoc

    Moi qui suis de droite, j’admets que le PS se défend bien et avec de bon arguments pour une fois !

    Et nous, a-t-on le droit de décider de payer un album pour l’euro symbolique ?

  • Le 12 mars 2009 à 17:39 par nicolas

    A écouter la ministre, on se demande comment il a été possible de battre tous les record d’entré au Cinéma, l’an dernier…

  • Le 12 mars 2009 à 19:54 par Hervé

    Oui les ventes chutes, oui le téléchargement illégale en est une des principale cause. nous sommes une petite maison de disque qui a vu nos ventes de disques dégringolé de 50% en 5 ans. La crise actuel n’a rien a voir la dedans. Aujourd’hui lorsque nous vendons 3000 cd’s sur un nouvel album qui a couté rien qu’en studio et pas sur un ordimini quelque 7500

  • Le 12 mars 2009 à 20:15 par adnstep

    A se demander comment faisaient les artistes quand il n’y avait ni producteur, ni studio d’enregistrement sophistiqué, ni disque de cire…

    L’industrie musicale va disparaître, pas les artistes.

    Et pas les organisateurs de concerts non plus.

  • Le 13 mars 2009 à 1:32 par Faz

    Comme au dessus :

    l’enregistrement de la musique existe depuis 100 ans.

    Avant il n’y avait donc pas d’artistes ? Helllloooo ! Bach, Mozart, chants Grégoriens, Lulli, etc. vous connaissez ?

    bizarrement, ils avaient pas de label.

    Il faut arrêter de se croire indispensable. On chante depuis 40.000 ans, on va pas s’arrêter demain.

    100 ans à gagner de l’argent car c’était difficile de Fabriquer et Diffuser des enregistrements.

    Et maintenant changement d’époque. Maintenant c’est facile. Très facile.

    Qui peut se plaindre que cela soit plus facile que jamais de diffuser les biens culturels ? Qui ose se plaindre ?

    C’est très triste pour ceux dont c’est le métier, mais les moines copistes ont disparus, les labels traditionnels disparaîtront aussi.

    Cette loi ne rend pas service aux professionnel du secteur : elle leur fait croire que le retour en arrière est possible.

    Il est impossible.

    Le gratuit, tout de suite, sans conditions a gagné sur le payant sous conditions, délais et DRM.

  • Le 22 mars 2009 à 21:13 par david

    Une petite remarque : Bach, Mozart, Lulli and Co n’auraient pas survécu sans leurs mécènes.

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