Après Cambridge Analytica, Facebook exposé aux class actions et aux régulateurs

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Attaqué en justice par des utilisateurs et des actionnaires, Facebook se dit « ouvert » à une intervention des régulateurs.

Menacer le Guardian de poursuites afin qu’il reste silencieux sur l’affaire Cambridge Analytica n’était « pas le choix le plus judicieux » que Facebook ait fait.

Responsable, au sein du groupe américain, des partenariats avec les éditeurs de presse, Campbell Brown a fait cette concession dans le cadre de la conférence « Future of News » organisée par le Financial Times.

Le quotidien britannique a révélé, la semaine passée en coordination avec l’Observer et le New York Times, l’affaire en question.

Cambridge Analytica est accusé d’avoir collecté, par le biais d’une application tierce, les données de 50 millions d’utilisateurs du réseau social… sans leur consentement. Et de les avoir exploitées notamment dans le cadre de la dernière campagne présidentielle aux États-Unis.

Le spectre des class actions

Le dossier a interpellé les régulateurs. Mais il a aussi entraîné des poursuites judiciaires, notamment devant les tribunaux de Californie.

Certains plaignants cherchent à monter des recours collectifs. C’est le cas d’une citoyenne du Maryland qui estime faire partie des 50 millions d’utilisateurs touchés.

Dénonçant une négligence et des pratiques commerciales illégales, elle assigne Facebook au nom de « toutes les personnes qui ont ouvert un compte aux États-Unis » et dont Cambridge Analytica a collecté les données sans consentement.

Un autre résident américain a ouvert un front en Californie, au nom de tous ceux qui auraient acheté des actions Facebook entre le 3 février 2017 et le 19 mars 2018.

Il prétend que la firme de Menlo Park a régulièrement communiqué, dans cet intervalle, des informations « non représentatives » de la réalité de ses activités en matière de sécurité des données. Elle aurait, en l’occurrence, occulté l’affaire Cambridge Analytica, pourtant découverte par ses soins en 2015.

Le cours de son action a nettement progressé au cours de la période pointée du doigt. Il est passé de 130,97 dollars le 3 février 2017 à plus de 185 dollars en clôture le 16 mars 2018, peu avant les révélations du Guardian et consorts. Ce jeudi, il était tombé à 164,89 dollars, Facebook perdant plus de 50 milliards en capitalisation.

O. K. régulateurs

Mark Zuckerberg est sorti du silence mercredi. Le patron de Facebook a annoncé, à cette occasion, « une quinzaine » de changements à venir, parmi lesquels le blocage des accès aux données pour les applications non utilisées depuis plus de trois mois.

Sur la question d’une éventuelle réglementation, il ne s’est pas fermement opposé : « La question n’est pas de savoir s’il [en] faut une […], mais comment l’élaborer ».

Sheryl Sandberg, la numéro deux du groupe, est sur la même ligne. « Il ne s’agit pas de se demander s’il faut une régulation, mais laquelle est nécessaire », a-t-elle déclaré jeudi à CNBC, tout en regrettant de ne pas s’être exprimée plus tôt.

Crédit photo : Philippe Guerrier


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