Candy Crush : des remous dans la saga

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En sollicitant une exclusivité sur le mot “candy” (“bonbon” en français), King.com, éditeur du jeu à succès Candy Crush Saga, s’est attiré les foudres des développeurs indépendants.

Les développeurs indépendants ont sonné la révolte contre King.com.

L’éditeur du jeu à succès Candy Crush Saga – disponible sur Facebook, les smartphones et les tablettes – est attaqué sur plusieurs fronts. Il lui est reproché de s’être réservé la propriété exclusive du mot “candy” (“bonbon” en français), qui constitue désormais une marque déposée. King.com en a effectivement racheté les droits d’exploitation l’année passée en Europe. Le Bureau américain des brevets et des marques de commerce (USPTO) vient également de lui accorder une exclusivité applicable à l’échelle du pays, pour nommer non seulement des applications mobiles, mais aussi une batterie de produits, des casques audio… aux ustensiles de cuisine.

S’estimant spoliés d’un droit à la créativité, les développeurs indépendants sont montés au créneau. Sous l’impulsion du site CandyJam, ils ont inondé l’App Store de centaines d’applications parodiques reprenant le terme “candy” sur un ton ironique. Parmi les quelque 450 titres soumis, on retrouve Candy Crap Saga, CanDieCanDienCanDie ou encore ThisGameIsNotAboutCandy.

Face à l’ampleur de cette opération, Riccardo Zacconi, P-DG de King.com, s’est expliqué. “C’est pour protéger notre marque que nous avons successivement sécurisé les droits d’exploitation en Europe auprès d’une entreprise en faillite [puis] aux Etats-Unis“. Et d’ajouter : “Il s’agit d’empêcher les autres de créer des jeux qui tirent injustement profit [du succès de Candy Crush]”.

Dénonçant par ailleurs les “curieuses stratégies de monétisation” de King.com, les développeurs mènent l’offensive sur un autre front : le plagiat. Copies d’écran à l’appui, ils assurent que plusieurs productions de l’éditeur de Candy Crush Saga ne sont “que de pâles copies” : Pac-Avoid reprenant de nombreux éléments de ScamperGhost ; Bubble Witch Saga s’inspirant de Bust-a-Move ; Papa Pear Saga reprenant les traits de Peggle.

A l’origine de Candy Swipe, Albert Ransom va plus loin. Dans une lettre ouverte, cet Américain rappelle avoir enregistré la marque en 2010, deux ans avant le lancement de Candy Crush Saga. Des bonbons à l’icône de l’application en passant par la mention “Sweet !” qui apparaît lorsque le joueur réalise de bonnes combinaisons, il estime que la ressemblance entre les deux jeux est flagrante. “A tel point que des centaines d’utilisateurs ont cru que Candy Swipe était une imitation de Candy Crush Saga“. Cette confusion dans l’esprit des consommateurs, il la résume en 165 copies d’écran qui regroupent des recherches Google – dont certaines portaient sur le terme erroné “Candy Crush Swipe” et des évaluations postées sur l’Appstore d’Amazon.

Une affaire à surveiller pour King.com, qui a récemment monté un dossier d’introduction en Bourse aux Etats-Unis, sur la base d’une valorisation à plus de 5 milliards de dollars. Basée à Londres et présente dans plusieurs pays (Etats-Unis, Suède, Allemagne, Espagne, Malte, Roumanie), la société a soufflé, en 2013, sa dixième bougie. Elle emploie plus de 500 collaborateurs.

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