Care Labs lève 2 millions d’euros pour son Chèque Santé

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Premier tour de table pour la start-up montpelliéraine Care Labs et son dispositif dématérialisé Chèque Santé, conçu sur le modèle des tickets-restaurant.

Créer une vingtaine d’emplois (développeurs, commerciaux, chargés de partenariats…) et déployer à l’échelle nationale le dispositif Chèque Santé, destiné à financer tout ou partie des consultations, prestations et produits non remboursés par la Sécurité sociale ou les mutuelles : tels sont les principaux objectifs de Care Labs après son premier tour de table.

La start-up fondée en juin 2014 à Montpellier* a levé 2 millions d’euros auprès de quatre fonds régionaux parmi lesquels Sofilaro, dont le Crédit Agricole du Languedoc constitue le principal actionnaire.

Spécialisé dans l’accompagnement des entreprises en création, développement ou transmission avec des tickets de 300 000 à 3 millions d’euros, Soridec a également mis au pot. Tout comme le fonds de co-investissement JEREMIE LR (doté de 11 millions d’euros par la Région Languedoc-Roussillon et l’Europe) et la société de gestion Sofimac Partners.

A l’issue de cette opération de financement, l’équipe fondatrice de la SAS reste majoritaire. Elle vise, à l’horizon 2017, un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros pour un portefeuille de 600 000 bénéficiaires.

Lancé au mois de janvier, Chèque Santé est conçu sur le modèle des tickets-restaurant. Il s’agit toutefois d’un titre intégralement dématérialisé et crédité à fréquence annuelle ; par l’employeur et le comité d’entreprise pour ses salariés ou agents ; par la mutuelle et l’assureur pour ses adhérents ou clients ; par la collectivité et l’association pour ses administrés ou bénéficiaires.

Couvrant une cinquantaine de spécialités, de l’ostéopathie à la chirurgie dentaire en passant par le coaching sportif, le dispositif constitué d’une plate-forme SaaS et de deux applications mobiles doit permettre à chacun de “[devenir] acteur et gestionnaire de son capital santé”.

Management social

Remis au bénéficiaire sur un compte en ligne, sur mobile ou sur une carte, le Chèque Santé est utilisable chez les professionnels inscrits au répertoire ADELI du ministère de la Santé et titulaires d’un diplôme reconnus par l’Etat. Les associations de sport-santé labellisées par la DRJSCS sont également éligibles. Pour les non-ADELI, l’inscription est soumise à validation par Chèque Santé.

Une fois le rendez-vous pris en ligne, le règlement de la prestation ou du produit fourni s’effectue par un paiement mobile sécurisé, via l’application mobile Chèque Santé (on montre un QR code au praticien) ou grâce à une carte “physique” (sur laquelle figure ce même flashcode). Les fonds sont reversés sous 48 heures sur le compte bancaire du professionnel de santé.

Care Labs prélève des frais de gestion à hauteur de 3 % sur la part des honoraires encaissés en Chèque Santé (jusqu’à 9 % pour les non-ADELI), l’inscription étant gratuite et sans frais fixes. Pour les employeurs et comités d’entreprise, la commission est proportionnelle au volume d’achats global et fait l’objet d’une proposition commerciale individuelle.

Le niveau de subventionnement via les Chèques Santé est libre. Mais le dispositif entrant dans le cadre réglementaire des chèques-cadeaux, il n’est exonéré de charges que si la part CE ne dépasse pas le seuil de 5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, établi à 3170 euros pour l’année 2015.

Les contrats de prestation pour les CE sont d’une durée de 12 mois tacitement reconductibles. La résiliation peut s’effectuer sans frais par courrier recommandé. Quant au Chèque Santé, il est valable 13 mois à partir de la date d’affectation sur le compte bénéficiaire.

* Membre de l’incubateur Business Innovation Center situé à Montpellier, Care Labs se présente comme un opérateur de services marketing, informatiques et monétiques. Sa cofondatrice Laure de Saintenoy a notamment été soutenue par Dell France dans le cadre de son programme start-up.

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Care Labs revendique des frais de gestion très faibles pour ce dispositif qui pourrait être directement utilisé pour prendre en charge la généralisation du tiers payant.

Crédit photo : Oksana Kuzmina – Shutterstock.com


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