Carrier IQ : Eric Schmidt dénonce le spyware des opérateurs

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La polémique autour de Carrier IQ, un spyware installé sur les smartphones par les constructeurs et opérateurs, continue. C’est cette fois le président de Google qui rajoute de l’huile sur le feu.

Eric Schmidt, président exécutif et ex-PDG de Google, a pris ses distances avec le scandale Carrier IQ.

Ce logiciel fait parler de lui depuis la fin novembre, quand son existence avait été révélée par un hacker. Il enregistre, entre autres, les frappes au clavier, les messages reçus et la localisation géographique de dizaines de millions de mobinautes.

Il a progressivement été révélé qu’il se retrouve sur de très nombreux terminaux. Il a été signalé sur les smartphones Android, Apple, BlackBerry (et peut-être d’autres), et y aurait été installé par les constructeurs à la demande des opérateurs.

De son côté Google ne travaille pas avec, ni ne soutient, ce logiciel a annoncé le Eric Schmidt, ce 8 décembre lors d’une conférence sur la liberté et Internet à La Haye, aux Pays-Bas.

Il a également qualifié le programme de “keylogger”, un type de malware qui enregistre les frappes au clavier pour voler mots de passes et données privées (par exemple des informations bancaires).

Android est une plate-forme ouverte, il est donc possible d’y construire des logiciels qui ne sont en réalité pas très bons pour vous, et c’est ce qui semble être le cas ici“, a-t-il déclaré selon Reuters.

Apple avait déjà renoncé au programme, ne l’intégrant plus à ses appareils depuis iOS5, et a même pris des mesures en annonçant sa suppression prochaine sur tous ses terminaux.

Les opérateurs ont beaucoup tardé à réagir, mais ont fini par expliquer que le logiciel était utilisé à des fins de diagnostics.

Selon T-Mobile, Carrier IQ les aide à déterminer ce qui draine la batterie des téléphones, l’origine des interruptions d’appel ou encore les raisons des échecs d’applications.

Des experts en sécurité (comme Dan Rosenberg, de Virtual Security Research ) ont également établi que le spyware n’était effectivement pas utilisé à des fins néfastes. Mais en avait la dangereuse capacité.

Surtout, l’utilisateur n’était jamais informé de son existence, et des problèmes de sécurité très importants ont été mis à jour.

La grande question est maintenant de connaitre sa prévalence en Europe, où l’entreprise derrière Carrier IQ se serait implantée par l’intermédiaire de Vodaphone au Portugal, avant de nouer des liens avec d’autres opérateurs.

 

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