Cegetel élargit son offre à l’ADSL 2+

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Cegetel lance l’offre ultra haut débit la moins chère du marché. Devraient suivre le dégroupage total et la télévision sur ADSL.

Le 18 avril, Cegetel lancera son offre ADSL 2+. Laquelle offrira jusqu’à 20 mégabits de débits en réception pour 1 mégabits en émission. Des débits maximum théoriques et impossible à garantir puisque la qualité de la bande passante reste conditionnée par la distance qui sépare l’abonné du central téléphonique (au-delà de 2,2 km les débits chutent sous les 8 mégabits ATM) et la qualité de sa ligne téléphonique. L’accès ultra haut débit sera proposé au même tarif que l’ADSL Max 8 mégabits : soit 14,90 euros par mois sur les zones dégroupées. Soit l’offre tarifaire la moins chère du marché pour le moment (à condition de prendre la présélection téléphonique). Les abonnés des zones non dégroupées devront cependant se contenter de 8 Mbits/s maximum pour… 24,90 euros.

L’ADSL 2+ passera par la C-Box (voir édition du 31 mars 2005). Cegetel proposera son modem-boîtier multiservice à la location pour 3 euros par mois ou bien à la vente pour 59 euros dans le cadre d’une période promotionnelle (au lieu de 79 euros). “En avril et mai la C-Box sera exclusivement vendue, pour des questions d’organisation interne”, annonce David Erlich, directeur des produits ADSL grand public chez Cegetel.

L’ADSL 2+ dans 13 villes

Fabriquée par Sagem, la C-Box permet d’opérer la téléphonie sur IP (VoIP). Pour en bénéficier, il faudra souscrire au forfait de téléphonie illimitée de l’opérateur et ajouter 10 euros sur la facture. Un numéro en 087x sera alors proposé. Ce forfait intègre le coût des appels en local et national de manière illimitée. Les appels vers l’international et les mobiles sont, eux, soumis aux tarifs en vigueur chez Cegetel. La C-Box est également architecturée pour supporter un décodeur audiovisuel compatible avec la TNT et le MPEG-4 pour la télévision haute définition. Mais aucune offre audiovisuelle n’est prévue avant l’automne 2005 du côté de l’opérateur.

Celui-ci préfère se concentrer sur l’ultra haut débit. Dans un premier temps, seules Paris, sa banlieue et 13 grandes villes* bénéficieront de l’ADSL 2+ de Cegetel. L’opérateur poursuivra le déploiement de son réseau à 20 mégabits avec l’objectif d’atteindre 40 % de la population française pour la fin de l’année. Surtout, Cegetel mettra bientôt le dégroupage total au coeur de sa stratégie de développement et dont la C-Box constitue la porte d’entrée. Dès juillet prochain, Cegetel devrait lancer ses premières offres en dégroupage total qui, rappelons-le, permet à l’abonné de s’affranchir commercialement et techniquement de France Télécom.

“Aujourd’hui, le processus d’éligibilité pour le dégroupage total est proche de celui du dégroupage partiel”, confie Didier Erlich qui rappelle que le service est opérationnel auprès de 200 bêta testeurs depuis novembre 2004. Seule l’absence de portabilité du numéro (qui permet de conserver son numéro France Télécom habituel) et quelques autres questions en suspens (notamment sur les tarifs) freinait Cegetel qui, contrairement à Free, Neuf Télécom et Tiscali, a préféré attendre que les conditions qualitatives soient en place pour se jeter à l’eau. L’opérateur attend beaucoup de l’avis de l’Autorité de régulation des télécommunications (ART) qui devrait se prononcer en juin sur l’offre de revente que France Télécom doit soumettre prochainement.

Vers une offre unique avec le dégroupage total

Pour l’heure, Cegetel n’a pas souhaité détailler le contenu et les tarifs de ses futurs forfaits totalement dégroupés. On sait seulement qu’ils seront orientés autour des services. Selon Olivier Huart, directeur général de Cegetel, l’offre de base actuellement constituée de l’abonnement téléphonique, de l’accès Internet haut débit et, éventuellement de la voix sur IP (voire de la télévision par ADSL) doit laisser place à une offre tout en un seulement permise par le dégroupage total. Bref, Cegetel devrait aborder le modèle de Free : une offre et un tarif unique pour un maximum de services (Internet, téléphonie, télévision…). Selon le dirigeant, ce type d’offre intégrée représentera 60 % du marché de l’ADSL en 2007.

Arrivé sur le marché Internet en janvier 2004 (voir édition du 8 janvier 2005), Cegetel comble petit à petit son retard sur ses concurrents. Sur les 800 000 lignes ADSL opérationnelles, l’opérateur revendique 310 000 abonnés haut débit au premier trimestre 2005. Et vise les 450 000 pour la fin de l’année. Pour atteindre ce chiffre, il compte bien sûr sur le lancement de l’ADSL 2+ mais surtout sur la qualité et la capillarité de son réseau : à travers ses 725 sites de dégroupage (800 sont annoncés pour 2006), le réseau de Cegetel couvre 50 % de la population. Et l’option 3 choisie par l’opérateur permet d’atteindre les 45 % de foyers français restants éligibles à l’ADSL. Mais à des tarifs beaucoup moins concurrentiels qu’en dégroupage partiel.

Fusion Cegetel-Neuf Télécom : une vraie opportunité?
“Je ne confirme ni n’infirme ce qui est dit dans la presse.” A l’occasion de la conférence de presse donnée aujourd’hui pour le lancement de l’ADSL 2+, Olivier Huart s’est refusé à tout commentaire sur le rapprochement éventuel de Cegetel et Neuf Télécom (voir édition du 7 avril 2005). Après avoir évoqué les discussions de l’an dernier ? sans suite ? avec son homologue et confirmé l’offre faite ? et refusée ? dans le cadre du rachat de Tiscali, le directeur général reconnaît que “la situation n’est pas stable et, [face à] France Télécom qui concentre 80 à 85 % du marché des télécoms, il faut atteindre une taille critique pour espérer exister”. Taille critique que seul un rapprochement permettrait d’atteindre rapidement. “Une chose est sûre”, estime Olivier Huart, “la consolidation est une vraie opportunité que les actionnaires de tous les acteurs ne peuvent ignorer.” Selon Les Echos (11 avril 2005), un éventuel rapprochement pourrait être évoqué la semaine prochaine dans le cadre du conseil d’administration du comité d’entreprise de Neuf Télécom.

* Lyon, Toulouse, Lille, Rennes, Grenoble, Orléans, Tours, Le Mans, Caen, Angers, Brest Montpellier, Metz


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