Chimera, un butineur sous X qui détonne

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Les dingues de techno se sont tous passés le mot : il y a du nouveau sur la planète Web ! Un petit navigateur, à peine sorti des limbes, programmé en Cocoa et profitant à plein du moteur de rendu graphique Quartz de Mac OS X, chamboule les idées préconçues issues des commentaires des grands de la navigation sur Internet. Chimera, puisque c’est de lui qu’il s’agit est le fureteur le plus rapide sur Mac OS X !

Il y a un nouveau venu à l’ouest du Web ! Chimera , un navigateur alternatif programmé en Objective C pour Mac OS X fait parler de lui dans le petit cercle des “technoïdes”. La raison ? Chimera, qui n’est actuellement disponible qu’en version alpha (le stade d’un tout premier développement) s’avère deux fois plus rapide que le poids lourd des navigateurs disponible sur la même plate-forme, Internet Explorer 5.1 ! Les versions à venir doivent utiliser Quartz, le moteur de rendu graphique d’OS X. Le même moteur qui semble grever les performances d’un autre outsider, OmniWeb du Groupe Omni. Quartz pourrait dégrader les performances générales du petit navigateur, mais les concepteurs de Chimera ne pensent pas qu’il le fera de manière trop significative. Du coup le petit browser “enfonce” tous ses concurrents déjà présents sur le marché. Testé à partir d’une version moins complète de I-Bench et d’un test de chargement de pages interne de Netscape, Chimera s’avère 2,23 fois plus rapide qu’OmniWeb, 2,09 fois qu’Internet Explorer et 2,08 fois plus rapide qu’Opera ! Et encore, le test montre que certains des navigateurs font des erreurs de rendus des pages ! Les développeurs s’étant déplacés à la dernière WWDC (voir édition du 3 mai 2002) en étaient baba… Même Apple utilise cette version alpha pour certaines de ses démonstrations. Un plébiscite qui ne peut jouer qu’en sa faveur et qui a déjà soulevé une vague de rumeur selon laquelle la Pomme allait sortir son propre navigateur, façon Cyberdog, un développement auquel la firme s’était attachée à l’occasion de la sortie de son concept de documents réutilisables, OpenDoc dans les années 90.

Un butineur signé Apple ?

Chimera est d’autant plus étonnant que l’idée qui court actuellement, c’est qu’Apple a chargé la barque en ce qui concerne les technologies qu’elle a implanté dans Mac OS X en prévision de ses nouvelles machines, qui doivent faire oublier une certaine “lenteur” ressentie à l’utilisation de quelques applications dont Internet Explorer. La version pour l’Unix d’Apple du navigateur de Microsoft est bien moins rapide que celles disponibles sur Windows. “Apple a optimisé OS X pour l’expérience utilisateur plutôt que pour les performances brutes”, tentait d’expliquer récemment Jimmy Grewal le responsable du produit de Microsoft sur Mac, dont les propos ont été rapportés par OSOpinion.com. En fait, à cause des performances de Chimera, cette explication ne paraît plus vraie : il semble beaucoup plus sûr que la faute incombe au moteur utilisé par Microsoft, Tasman, dont les capacités de rendu de rendu s’avèrent limitées. Et les utilisateurs de Mac OS peuvent également jeter la pierre à Netscape dont les dernières versions peu réactives ne permettent pas de juger des performances qui peuvent être tirées du Mac. Seul Opera pour Mac OS X détonne, mais il est payant.

Un essai que Chimera doit transformer

Le bruit qui commence à se faire autour de Chimera pourrait bien changer la face du Web côté Mac. Chimera, un projet OpenSource basé sur Mozilla, Fizilla et sur le moteur de rendu Gecko de Netscape, remettra-t-elle en cause la suprématie de Microsoft (voir édition du 16 avril 2002), pourtant bien assise depuis quelques années ? D’autant plus que la différence d’affichage entre Chimera et Internet Explorer montre à quel point la précision des polices peut-être améliorée dans le vénérable navigateur, s’il était programmé en Cocoa ! Le différentiel de performances risque fort de renvoyer Microsoft à la planche à dessin et aux paillasses de ses laboratoires de codage, si le géant désire préserver encore longtemps son pré carré. A défaut, il s’expose à des problèmes dans un futur proche : laissé entrer le vers dans le fruit et perdre la récolte !


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