Chipgate : l’autonomie de l’iPhone 6s dépend de l’origine de son SoC

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La sortie des iPhone 6S et iPhone 6S Plus est émaillée par un incident baptisé « Chipgate » : suivant l’origine du SoC, l’autonomie serait très différente.

Apple a déterminé un nouveau record de vente pour la gamme iPhone 6s : 3 millions d’unités écoulées en seulement 3 jours.

Mais, après le « bendgate » (propension des iPhone 6 et 6 Plus à se déformer sous une certaine pression), c’est le « chipgate » qui devrait entacher ce lancement de ses smartphones nouvelle génération (iPhone 6s et 6s Plus).

Des utilisateurs avisés ont en effet remarqué que l’iPhone 6S avait une autonomie différente suivant l’origine de la puce A9 embarquée. Censé apporter un regain de performances par rapport aux A8 et A8X, le nouveau SoC d’Apple est gravé par deux partenaires différents.

Il y a d’un côté Samsung qui utilise un process CMOS 14 nm (largeur minimum de la grille des transistors MOS) et de l’autre le pure player TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) qui grave l’A9 en 16 nm.

Cette différence de finesse de gravure se traduit par une surface de silicium différente. La puce A9 qui sort des fabs de Samsung fait, selon Chipworks, une surface de 96 mm2 contre 104,5 mm2 lorsqu’elle est professée par TSMC.

A longueur de grille plus petite, on associe généralement une consommation électrique inférieure. Les transistors sont plus efficaces pour un même courant.

Mais, contre toute attente, c’est le contraire qui se produit avec le SoC A9.

Via Reddit, le YouTuber Jonathan Morrison a été l’un des tout premiers à ouvrir la boîte de Pandore. Il a testé deux iPhone 6S équipé chacun d’une puce A9 « différente ». Il a alors filmé en 4K et exporté la vidéo sur iMovie.

Le testeur explique que le modèle équipé de la puce gravée par TSMC a utilisé 38% de la charge de la batterie contre 45% pour l’autre iPhone 6S (puce provenant des fabs de Samsung). Cela se traduit donc par 7 points d’écart sur la charge de la batterie.

Un autre utilisateur répondant au nom d’Austin Evans explique avoir fait tourner Geekbench 3 en boucle (avec la luminosité de l’écran à 100%) sur les deux modèles d’iPhone 6S.

Au final, pour atteindre 50% de charge, le modèle avec puce TSMC a mis 50 minutes de moins.

Il a aussi remarqué que la puce de TSMC chauffait moins mais a aussi noté que la lecture d’une vidéo en streaming durant une heure consommait quasiment la même énergie.

Cet écart est suffisamment important pour que les acheteurs potentiels y pensent avant de passer à la caisse. Ils n’auront malheureusement aucun moyen de savoir a priori quel modèle ils vont acheter. Il est seulement possible de le savoir a posteriori avec des applications telles que Lirum Device Info qui donne la référence du SoC embarqué.

Du côté de Samsung, les références pour l’A9 sont N71AP (iPhone 6S) et N66AP (iPhone 6S Plus). Et concernant TSMC, les références sont N71MAP (iPhone 6s) et N66MAP (iPhone 6s Plus).

Cet écart revêt d’autant plus d’importance qu’Apple a diminué la capacité de la batterie à 1715 mAh pour l’iPhone 6s, contre 1810 mAh pour l’iPhone 6.

Cette réduction de la taille de la batterie est notamment imputable à l’ajout du Taptic Engine qui fonctionne de concert avec l’interface 3D Touch. Il n’en reste pas moins qu’une telle capacité est inférieure à celle des modèles équivalents dans l’écosystème Android.

S’il n’est pas possible de repérer la référence de la puce à l’achat, un développeur nommé Hiraku Wang a commencé à compiler des statistiques sur son site Web. Si les informations fluctuent, environ 67,5% des iPhone 6s Plus sont équipés d’une puce TSMC alors que 58% des iPhone 6s embarquent une puce Samsung.

Au total, les données indiquent que les deux fabricants deux puces se partagent équitablement la production de l’A9.

iPhone6S_Origine_SoC_A9_Stats

(Crédit photo @Apple)


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