Les coulisses des start-up par Yannick Robert : l’Aventure Weproov

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Coach d’entrepreneurs, Yannick Robert signe sa deuxième chronique pour ITespresso.fr. Il aborde la vie des start-up avec un focus sur Weproov.com et sa séquence de levée de fonds.

La réussite d’une levée de fonds correspond bien souvent à un point émotionnel culminant pour la plupart des entrepreneurs.

Ce « graal », cette expérience digne des meilleurs « roller coasters » est si riche en sensations que les communiqués de presse qui en découlent sont bien souvent tout l’opposé de ce qu’ils sont censés résumer.

Cette anti-réalité est celle relayée par les médias, car il s’agit là du condensé le plus impressionnant d’innovations imaginées par des cerveaux au summum de leur excitation.

De l’adrénaline offerte à qui veut en prendre une dose. Tout devient possible. Il n’y a plus aucun frein. A contrario, l’envers du décor est bien différent de tout cet apparat.

Dans cette première chronique, vous découvrirez un exemple très instructif d’abnégation et de pure détermination au travers du cas très pratique ci-présent.

Ces deux ingrédients sont nécessaires aux entrepreneurs qui souhaitent eux aussi se lancer dans une phase de financement externe et de recherche d’investisseurs.

Bienvenue dans l’Aventure Weproov, l’état des lieux 2.0 !

Le fameux « money time »

Pour avoir suivi et vécu de l’intérieur de nombreux process de levée de fonds, il faut bien reconnaître que la « réelle » réalité entrepreneuriale se déroule bien au contraire juste en amont de ce moment magique du closing et de l’annonce médiatique.

Toute l’ingéniosité déployée pour survivre avec peu de moyens et réussir à insuffler de l’énergie à ses équipes dans les moments décisifs, le fameux « money time ».

L’équipe de Weproov a su passer avec succès cette étape. Je vous raconte ma rencontre avec ces entrepreneurs hors pair, aux nerfs d’acier.

Mai 2015, je retourne au sein des murs d’ESCP Europe, mon école formatrice. Il s’agit de la journée annuelle dédiée au concours de start-up « Made in ESCP ».

Une trentaine de projets se retrouvent sélectionnés sur scène face à un public de plus de 450 personnes dont la tâche ludique est de lever des cartons colorés à bras tendu afin d’affirmer leurs convictions spontanées face aux projets présentés sous forme de pitchs de quelques minutes.

Trois couleurs pour ce programme interactif : vert pour les meilleurs projets, jaune pour les projets intéressants mais manquant un peu d’accroche et rouge pour les pitchs ratés.

La sanction est lourde pour ceux qui passent à côté de leur prestation. Une bonne tranche de vie compétitive se déploie pendant deux heures.

C’est à l’issue de ce concours que je rencontre Weproov et ses deux cofondateurs Alexandre Perret-Meyer et Gabriel Tissandier.

Ils ont l’impression de passer à « la moulinette à questions », mais c’est bien ici très précisément que se forgera une collaboration de deux ans autour de leur projet d’entreprise.

Ils ont passé brillamment le cap de l’amphithéâtre Vital Roux de l’ESCP et c’est bien ce qui m’a spontanément attiré.

Leur vision très claire de la digitalisation des états des lieux correspond à un besoin partagé par le plus grand nombre et cela à de nombreuses reprises dans la vie quotidienne (papiers ornés de croix plus ou moins aléatoires pour la location d’un véhicule, état des lieux approximatif pour la location d’un appartement pour un week-end, voire photos qu’il est possible de retoucher…).

Ils sont face à un énorme marché touchant en plein cœur la « sharing economy ». À eux d’apporter l’outil digital qui apportera la confiance en un document électronique infalsifiable, géolocalisé et horodaté pouvant faire preuve en cas de litige.

Pas moins de 24 mois acharnés

Je suis personnellement assez impressionné par leur fougue entrepreneuriale.

Alexandre rentre des US, où il écumait le marché de l’immobilier de la région de Miami. Il a rencontré Gabriel, son associé, lors de son master Entrepreneuriat à ESCP Europe justement et ils ont monté ensemble leur société, Weproov, durant leurs études.

Ce qui était au départ un projet de fin d’études devient quelques années plus tard une entreprise ayant franchi le premier cap des 10 collaborateurs et d’un premier financement global d’un montant avoisinant le million d’euros.

Ayant convaincu le groupe Mobivia (Norauto, Midas…) d’investir sur ce segment porteur, les voilà à l’aube d’une nouvelle étape de structuration. Et pourtant tout ne se sera pas fait en un clic et ce fut plusieurs trimestres de dur labeur afin de boucler cette opération.

De leur propre analyse, voici les 5 mantras qu’ils se sont répétés en boucle durant la phase initiale de « Market Fit ».

Alexandre Perret-Meyer, cofondateur de Weproov.com :

  • « Je veux donc j’aurai. »
  • « Do or do not there is no try. » (Yoda)
  • « C’est l’impatience de gagner qui fait perdre. » (Louis XIV)
  • « Sky is the limit. »
  • « Failure is not the option. »

L’envers du décor de cette aventure entrepreneuriale c’est qu’il a fallu pas moins de 24 mois de travail acharné à ces deux entrepreneurs pour réussir leur pari et aligner les briques dans le bon ordre.

Les idées n’ont jamais manqué et tout l’enjeu pour eux fut de les ordonner. Une belle leçon de pivots stratégiques réussis en temps et en heure.

Pour ceux et celles qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la levée de fonds, la conclusion à en retenir, c’est que l’espace-temps entre une scène toute à votre écoute et le virement effectué sur votre compte professionnel par un investisseur de premier plan est bien loin de ce que vous imaginez.

Lorsque vous rédigerez votre prochain communiqué de presse annonçant votre levée de fonds réussie, repensez à cette chronique et rappelez-vous d’en garder sous le coude pour tous les développements encore à venir.

La levée n’est pas un aboutissement en soi et c’est votre parcours en amont de cette opération capitalistique que vous a permis de vous construire et de bénéficier d’une ossature solide à toute épreuve.

Votre financement n’est qu’un facilitateur désormais…

Coach d’entrepreneurs, Yannick Robert a écrit un ouvrage témoignage en 2016 : « Comment j’ai planté ma startup : Plus de 100 leçons entrepreneuriales et plus de 100 solutions »

Retrouvez sa première chronique sur ITespresso.fr  : Chronique Yannick Robert : les coulisses des start-up au BIG (14 septembre 2017)


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