Claranet/Amen : “Oui à la collaboration entre équipes, non à la fusion”

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Après le rapprochement des deux prestataires Internet, leurs dirigeants évoquent la cohabitation des services. Ils déclarent de ne pas saisir les raisons de la grève qui a troublé Amen.

“In Claranet, We Trust”. Le slogan initial d’Amen (“In Web, We Trust”) est détourné mais il résume bien l’actualité de l’un des premiers hébergeurs en France. Mi-juillet, Claranet, groupe d’origine britannique qui commercialise des prestations de services Internet (hébergement, accès Internet?), a officialisé le rachat de l’Agence des Médias Numériques, alias Amen, rattachée jusqu’ici au groupe Via Net.Works (voir édition du 18 juillet 2005). Une acquisition qui est intervenue sur fond de période trouble au sein d’Amen : un mouvement de grève qui a perturbé le fonctionnement du service pendant plusieurs semaines (voir édition du 13 mai 2005). Nicolas Prouteau, PDG de Claranet France, et Dick Theunissen, Président de Amen, ont accepté le principe d’une interview croisée pour évoquer ce rapprochement.

(Interview réalisée le 1er août 2005)

Vnunet.fr: Pourquoi Claranet s’intéresse à Amen ?

Nicolas Prouteau (Claranet) : Nous avons des positionnements très distincts. Amen est spécialisé dans l’hébergement mutualisé, ce qui n’est pas le cas de Claranet. En France, cela représente un peu plus que la moyenne du groupe (environ 10% du chiffre d’affaires). Mais nos clients sont dans une logique de one stop shopping pour de l’accès Internet ou de l’hébergement dédié. Amen, qui est une marque forte en France positionnée sur le marché de masse, est réputé pour sa plate-forme automatisée extrêmement performante sur laquelle le client peut gérer son offre tout seul. Claranet est plutôt orienté PME et nous nous tournons de plus en plus vers les grandes entreprises.

Comptez-vous restructurer les services ?

Nicolas Prouteau : En l’état actuel, les équipes de Claranet et d’Amen vont travailler ensemble mais elles resteront séparées. Une restructuration n’est pas à l’ordre du jour.

Le but initial de ce rapprochement n’était pas la fusion des activités ?

Nicolas Prouteau : Pas du tout. Les produits, les services et la culture d’Amen sont spécifiques. Il n’y a pas de logique stratégique à procéder à une fusion. Nous préférons que la plate-forme d’Amen se développe naturellement par ses propres moyens. Nous préférons gérer l’existant, ce qui nous pose aucun problème chez Claranet France.

Quel est le poids d’Amen sur le marché de l’hébergement en France ?

Dick Theunissen (Amen) : C’est un marché extrêmement fragmenté. Nous n’avons pas de sources officielles pour établir un classement. Amen dispose de 100 000 clients, gère 200 000 noms de domaines et héberge 150 000 sites. Nous estimons faire partie des trois premiers hébergeurs en France.

Le rapprochement d’Amen et de Claranet a été marquée par un mouvement de grève d’une partie des salariés. Avec le recul, comment expliquez-vous ce mouvement ?

Dick Theunissen : J’ai toujours eu du mal à cerner le fondement de ce mouvement. Je peux comprendre les craintes liées à la sauvegarde de l’emploi. Mais, depuis le départ, Claranet a bien expliqué qu’aucun plan de restructuration n’était prévu chez Amen. La grève a duré sept semaines. Début juin, les salariés grévistes sont revenus travailler.

Nicolas Prouteau: Chez Claranet, nous n’avons pas non plus compris le sens de la grève. Le mouvement de protestation a démarré car on nous prêtait des intentions d’avaler Amen, à la manière d’un méchant ogre. Pourquoi restructurer une société qui tourne et qui est saine financièrement ?

C’est étonnant de constater qu’une grève dure sept semaines sans le moindre appui d’un syndicat?Estimez-vous que l’on a cherché à déstabiliser le rapprochement Amen-Claranet?

Nicolas Prouteau : C’est possible. D’où est sorti cette rumeur concernant des présumés projets de restructuration de la part de Claranet? On a crié au loup sans raison. Cela fait partie des sujets sensibles sur lesquels je ne souhaite pas m’étendre.

On évoque un soutien financier éventuel de ce mouvement de grève à l’extérieur d’Amen afin de récupérer tout ou partie du business d’Amen ?

Nicolas Prouteau : Nous n’avons pas d’information sur ce sujet.

Tous les salariés grévistes ont repris leur poste chez Amen ?

Nicolas Prouteau : Nous ne communiquons pas sur les cas individuels des salariés. Je tiens juste à souligner qu’Amen est en cours de recrutement actuellement pour étoffer le service client et le pôle de développement.

Dans quelle mesure les clients d’Amen ont été affectés par cette période trouble ?Dick Theunissen : Nous avons principalement des problèmes de gestion de traitement des tickets. Les délais pour répondre aux questions des clients ont été ralentis. Nous avons effectué une communication dans ce sens dans notre espace client. Au cours du moi de mai, j’ai rencontré Dominik Fusina, animateur d’un forum de clients mécontents, qui m’a présenté des réclamations en provenance de 80 clients. Nous avons pris contact avec l’ensemble des clients concernés et nous avons résolu tous les problèmes.

Nicolas Prouteau : Nous parlons essentiellement d’un défaut de retard de support et d’un ralentissement dans le traitement des demandes. Mais cela s’arrête ici. Le nombre de réclamations est extrêmement faible par rapport aux 100 000 clients d’Amen.

La tension est montée au point d’envoyer par courrier une mise en demeure destinée à l’animateur du forum?

Dick Theunissen : Nous voulions qu’une phrase présentant les responsable d’Amen comme des arnaqueurs et des mafieux dans une contribution sur le forum soit retirée. Ce n’était pas une action visant l’animateur du forum.

Amen a-t-il perdu des clients au cours de cette période trouble ?

Dick Theunissen : Non. Nous avons même continué à recruter de nouveaux clients.

Quelles nouveautés peut-on attendre du côté d’Amen pour la rentrée ?

Dick Theunissen : Nous allons naturellement proposer de nouveaux produits mais je ne peux pas communiquer sur le sujet. Nous pouvons tout de même indiquer qu’Amen va proposer une offre de pré-enregistrement de dépôt de noms de domaine pour le nouveau suffixe .eu à un prix très attractif.


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