Cloud : les entreprises françaises entre opportunisme et approche stratégique

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Pierre Audouin Consultants constate que les entreprises commencent à intégrer le cloud comme élément-clé de leur SI et non plus seulement comme un levier d’économies.

Entre flexibilité, accélération du time-to-market et réduction des coûts dans un contexte d’incertitude économique, les organisations françaises ont une approche de plus en plus stratégique du cloud.

C’est l’un des principaux constats établis dans la 4e édition semestrielle du CloudIndex (document PDF, 24 pages), réalisé par le cabinet Pierre Audouin Consultants en partenariat avec Orange Business Services et Capgemini. En six mois, le niveau de maturité des entreprises et des administrations a franchi un palier : d’un indice de 455 / 1000 en juin 2014, on passe à 517 / 1000 en décembre. La plus forte hausse depuis la première vague de l’étude, au printemps 2013.

Sur les 300 répondants (DSI, responsables informatiques, P-DG, directions métiers), 55 % déclarent que leur société exploite au moins une solution cloud. Ils n’étaient que 29 % au dernier pointage. Une progression liée pour partie à un “effet de correction” : de nombreux sondés ne rangeaient pas certains services dans la catégorie cloud ; certaines entreprises comptaient par ailleurs une forte proportion de “shadow cloud”, c’est-à-dire d’usages hors de son périmètre de contrôle.

Les principales raisons qui poussent à l’adoption du cloud sont les économies (66 %), l’amélioration du time-to-market (60 %) et le développement de produits, solutions ou démarches innovants (59 %). Qu’il s’agisse du SaaS, de l’IaaS ou du PaaS, tous les indicateurs progressent. Parmi les 30 % d’entreprises qui ont mis en oeuvre une stratégie cloud (contre 10 % en juin dernier), les trois quarts y dédient des ressources. Les rênes sont généralement confiées aux directeurs ou responsables informatiques (dans 36 % des cas), mais les métiers (21 %) et le Comex (18 %) s’impliquent de plus en plus. Et 7 % des entreprises disposent d’un responsable cloud… soit 7 fois plus qu’il y a 6 mois.

Exploité dans 54 % des organisations interrogées, le SaaS – Software as a Service – occupe une place centrale dans le développement du cloud en France : il est très souvent considéré “stratégique” pour le business (78 % estiment que c’est le cas pour au moins une application). Les outils collaboratifs, en tête desquels Office, restent les plus répandus, avec un taux d’usage de 45 % sur le panel sélectionné. Suivent le CRM (40 %) et les solutions RH (39 %).

Mais c’est bien l’IaaS – Infrastructure as a Service, comme le stockage et les serveurs en ligne – qui progresse le plus fortement : le taux d’équipement passe de 29 % à 46 % en un semestre. 54 % des organisations qui l’ont adopté s’en servent pour héberger des applications ; 49 %, pour mener des tests ; 46 %, pour héberger des sites Internet.

Malgré une hausse de son taux d’utilisation (+ 11 points, à 16 %), le PaaS – Platform as a Service – reste l’apanage quasi exclusif des développeurs qui explorent les architectures des SI de demain. 49 % pour créer des Web Apps ; 45 % pour des solutions métiers plus stratégiques.

Pour les 45 % d’entreprises qui n’ont pas encore franchi le pas, le principal frein n’est autre que la sécurité : 63 % des répondants jugent cette problématique “importante”. Ils étaient moins de 50 % dans les vagues précédentes. D’après Pierre Audouin Consultants, ces craintes, souvent infondées, sont alimentées par les incidents de fonctionnement très médiatisés, les attaques de pirates et les affaires d’espionnage international comme celle de la NSA.

Parmi les autres obstacles figurent l’absence de gains financiers démontrés (50 %) ou encore l’opacité des contrats et des coûts réels (45 %). Pour autant, l’utilisation du cloud va continuer à augmenter : 70 % des organisations interrogées prévoient d’étendre leur usage dans les 3 prochaines années (contre 41 % au dernier pointage). Principal objectif grâce aux offres SaaS : homogénéiser le parc d’applications (80 %) et faciliter leur déploiement (79 %).

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