Cloud : IBM explore un angle original pour se distinguer de la concurrence

IBM vient de dévoiler une série d’innovation portant sur le cloud, considéré comme un des secteurs prioritaires de développement.

Big Blue escompte un chiffre d’affaires de 7 milliards de dollars attendus sur ce segment à l’horizon 2015, dont 3 milliards émaneront de nouveaux business.

“En France, nous avons enregistré une croissance du chiffre d’affaires cloud de 17% sur le quatrième trimestre 2010 par rapport à la même période en 2009”, commente Philippe Jarre, Directeur Général de la branche Global Technology Services d’IBM France.

“Nous capturons une part de marché non négligeable en France.”

A l’occasion d’un déjeuner presse, de nouvelles offres ou évolutions cloud ont été présentées pour exploiter le potentiel des différentes formes de cloud (public, partagé, privé).

Ainsi, l’IBM Smart Business Cloud est la plus sophistiquée.

Orientée Infrastructure-as-a-Service (IaaS) et Platform-as-a-service (PaaS) et certifiée SAP, l’offre a vocation à “supporter la flexibilité financière et opérationnelle d’un cloud public avec la sécurité et les services de support d’un environnement privé” selon le communiqué.

Accrochez-vous pour la suite car ce n’est pas évident.

L’IBM Smart Business Cloud est décliné en deux offres : la version “Entreprise”, disponible immédiatement, propose un catalogue de “services standards” avec des “prix standards”.

Parmi les caractéristiques techniques, signalons qu’il s’agit d’une configuration de référence Wintel (Windows + Intel) avec néanmoins un hyperviseur Linux-KVM, que le taux de disponibilité affiché est de 99,5% via une connexion Internet.

Classée dans la catégorie OPEX (dépenses d’exploitation), l’offre “sans engagement” peut se révéler pratique en cas de besoin de ressources IT supplémentaires ponctuelles, assure Fady El Kaddoum, expert marketing sur ses solutions cloud chez IBM France.

Celui-ci positionne IBM Smart Business Cloud version “Entreprise” comme un concurrent d’Amazon Web Services ou Microsoft Windows Azure.

(lire la fin de l’article page 2)

La déclinaison “Entreprise +” est disponible en mode cloud partagé ou privé à partir du deuxième semestre 2011.

Elle est censée apporter une réponse plus fine aux entreprises en termes de “flexibilité opérationnelle”.

Cette version est accompagnée d’une dose supplémentaire de niveau de service client (SLA en anglais).

Mais elle comporte aussi “un minimum d’engagement” en durée d’exploitation ou de volume de consommation : à partir de 20 machines virtuelles sur six mois par exemple.

Une formule qui serait davantage adaptée aux plates-formes de “production” des clients grands comptes (exploitation d’applications métier, data centers…).

IBM Smart Business Cloud : quelles différences entre Enterprise et Enterprise + ?

Source : IBM, avril 2011

“IBM propose l’installation [cloud privée] chez le client en mode OPEX. C’est toute la puissance du modèle”, assure Fady El Kaddoum.

Et Big Blue serait le seul acteur du marché du cloud à explorer cette voie dans le cloud privé.

Que se passe-t-il si un client IBM en infogérance classique souhaite du coup changer de formule pour adopter IBM Smart Business Cloud “Entreprise +” ?

“On peut proposer ce type d’option dans le cadre d’une renégociation”, considère Philippe Jarre.

Autre solution proposée pour accompagner les premiers pas des clients dans le cloud privé : la solution logicielle IBM Cloud Workload Deployer a vocation à concevoir et déployer des architectures Cloud Privé “de manière rapide et efficace” par le biais d’une interface graphique.

Open Cloud Standards Alliance : les amis d’IBM seront bien accueillis
Pour approfondir son exploration dans le cloud, IBM s’intéresse à sa “standardisation” à travers l’Open Cloud Standards Alliance, un groupe de travail avec 25 entreprises mondiales clientes (AT&T, Lockheed Martin, ADP…). Les thèmes abordés seront divers : interopérabilité, architecture, sécurité, gouvernance…En fait, IBM cherche à imposer sa vision du cloud dans le secteur IT alors que d’autres instances comme l’Open Cloud Manifesto (initié il y a deux ans) ou le Cloud Computing Interoperability Forum (CCIF) sont censées traiter des mêmes sujets. C’est mal parti pour disposer à moyen terme d’une vraie interopérabilité cloud entre Amazon, Microsoft et IBM sans passer par une bonne dose d’intégration (solution Iron Cast d’IBM par exemple).