Cloud : la maturité relative des entreprises françaises

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La dernière édition du baromètre PAC CloudIndex décrit des entreprises françaises conscientes des apports du cloud, mais encore peu nombreuses à l’intégrer pleinement dans leur stratégie.

Ayant développé une certaine compréhension des apports et des enjeux du cloud, les entreprises françaises sont de plus nombreuses à en faire un pilier de leur transformation numérique, sans pour autant établir de stratégie globale.

C’est l’un des principaux constats dressés par Pierre Audoin Consultants (PAC) dans la 3e édition de son baromètre semestriel CloudIndex (document PDF, 28 pages). La société de conseil et d’études spécialisée dans le domaine du logiciel et des services informatiques esquisse le profil-type d’une entreprise se tenant à l’écart du cloud en avançant des arguments qui pourraient être assez aisément battus en brèche par des partenaires de confiance.

Du conseil en amont à l’accompagnement récurrent en aval, la disponibilité des fournisseurs de services constitue une priorité pour 25% des entreprises qui exploitent au moins une offre de cloud public (29% dans le cas du cloud privé). La question de l’intégration au système d’information existant est celle qui revient le plus sur la table (65% du temps). Mais 35% des entreprises sollicitent aussi de l’aide pour choisir leurs solutions SaaS. 19% s’intéressent à la personnalisation des applications ; 8%, à leur centralisation au sein d’un “app store”.

Le potentiel de développement du marché semble d’autant plus important que si les grands comptes ont généralement intégré – à divers niveaux de maturité – le cloud dans leurs habitudes, le taux d’adoption est bien inférieur dans les PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique français. Par ailleurs, les entreprises qui franchissent le pas tendent à approfondir leur utilisation du cloud, que ce soit concernant le nombre d’utilisateurs, le déploiement géographique ou encore le type d’applications mises en oeuvre.

La flexibilité est leur principal motif de satisfaction : de faibles investissements initiaux, une mise en place rapide, une facilité d’extension… La réduction des coûts est également citée : avec une gestion fine basée sur l’élasticité de l’usage des ressources, le modèle de la licence annuelle ou mensuelle peut permettre de limiter drastiquement les dépenses. Pour 32% des sondés, les solutions cloud permettent d’améliorer le time-to-market. Dans 30% des cas recensés, il soutient un changement de modèle économique.

Le SaaS d’abord

A l’heure actuelle, ce sont les offres SaaS qui portent le marché : elles ont trouvé place dans 48% des entreprises passées au cloud. Rapides à mettre en oeuvre et répondant à des besoins pratiques, elles séduisent par leur simplicité et leurs avantages en termes de mobilité des salariés. Plus de la moitié (56%) des adeptes du SaaS utilisent des outils de bureautique et de collaboration ; 26%, des progiciels RH ; 22%, de CRM. Les trois quarts du temps, au moins une de ces applications est considérée stratégique pour l’activité de l’entreprise.

L’IaaS (stockage, serveurs en ligne…) reste cantonné aux ETI et grands comptes qui ont besoin de puissance de calcul et de plans de sauvegarde. Quant au PaaS (ensemble d’outils sur lesquels bâtir une solution), il reste l’apanage des développeurs. Cette hétérogénéité des approches se ressent aussi dans la gouvernance : dans 55% des cas, la stratégie est portée par la DSI. Elle est parfois chapeautée par le P-DG (25%), les métiers (10%) ou encore le DAF (10%).

Il existe toutefois rarement une stratégie à 360 degrés. Pierre Audoin Consultants évoque plutôt des “tactiques” liées notamment à des craintes en matière de sécurité : 48% des répondants se disent particulièrement préoccupés par la protection de leurs données (50% dans le cloud privé). Les fournisseurs inspirent davantage de confiance s’ils ont pignon sur rue en France, du siège social au data center. Pour 33% des entreprises, c’est la transition en elle-même qui fait obstacle. Enfin, 31% estiment que les gains financiers n’ont pas été démontrés.

Malgré ces contrariétés, le marché français du cloud public a passé un cap début 2014 : celui du milliard de dollars de chiffre d’affaires. En y ajoutant les déclinaisons du cloud privé, hébergé et managé (interne, mais géré par un tiers), on devrait dépasser 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.

Méthodologie de l’étude
Chaque semestre, le CloudIndex de Pierre Audoin Consultants évalue, sur une échelle de 0 à 1000 le taux de maturité des entreprises et des organismes publics sur le cloud. Il s’élève, pour le 1er semestre 2014, à 455, contre 446 six mois plus tôt… et 443 en juin 2013.Pour déterminer cet indice, 135 critères sont pris en compte. Ils sont répartis en trois familles :

– l’état de la réflexion autour du cloud : existence d’une stratégie d’entreprise, allocation de ressources, implication des différents métiers…

– motivations et obstacles : adaptation aux métiers, intégration au SI, changement de business model…

– usage du cloud : types d’offres exploitées, éventuelle extension de leur utilisation…

195 PME, ETI et grands comptes de tous secteurs d’activité (industrie, banque, assurance, service public / santé, énergie, télécoms / média, distribution / vente en gros, transport et logistique) comptant de 20 à plus de 5000 salariés se sont prêtées au jeu. 13% des sondés occupent des postes de direction de services informatiques ; 53% sont responsables informatiques ; 9%, responsables infrastructure.

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