Cloud : les perceptions disparates des entreprises

CloudEntrepriseRégulations
cloud-perceptions-entreprises

Gartner met en lumière la diversité qui caractérise les attentes et les craintes des entreprises en matière de déploiement de services cloud.

Dans le cadre de la conférence Infrastructure & Operations Management 2014, qui s’est tenue cette semaine à Londres, Gartner a publié les conclusions d’une enquête menée à l’échelle de dix pays* pour identifier les craintes et les ambitions que suscite l’adoption du cloud au sein des entreprises.

En dépit des efforts consentis par l’industrie IT en matière de sécurisation des applications et des données, il persiste, vis-à-vis des services de cloud public, une nette méfiance née de la médiatisation des cyber-attaques et des nombreuses révélations sur les pratiques d’espionnage gouvernemental.

Cette frilosité ne se ressent pas autant aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Mais la prise de conscience est bel et bien globale concernant la multiplication des points sensibles : terminaux mobiles sujets à la perte et au vol, fragilité des interfaces de programmation logicielles (API)…

Conséquence : quand bien même la transition vers le cloud s’accélère, la migration ne s’effectue pas exclusivement vers des offres de type cloud public. De l’infrastructure aux applications, un grand nombre d’éléments restent hébergés sur site. Il en résulte des configurations hybrides souvent régies par un maillage complexe, fonction de la structure de l’organisation et de l’architecture déjà en place.

A qui le cloud public ?

D’après Gartner, dans les deux prochaines années, 46 % des décideurs vont orienter leur stratégie sur le développement du cloud privé, tandis que seulement 24 % pousseront prioritairement l’adoption du cloud public. Dans le même temps, le modèle de déploiement sur site (“on-premise”) devrait perdre en influence, passant de 34 % actuellement à 18 % en 2017. Cette frange regroupera essentiellement des logiciels anciens, pas encore arrivés en fin de vie et dont le fonctionnement serait perturbé, voire condamné par une migration vers le cloud.

Si le PaaS (“Platform as a Service”) est perçu comme un segment d’avenir par les fournisseurs de solutions cloud, c’est bien le SaaS (“Software as a Service”) qui porte le marché à l’heure actuelle. Gartner constate que les entreprises l’exploitent de plus en plus pour mettre en oeuvre des applications critiques, alors qu’elles ont longtemps eu tendance à en limiter l’utilisation à de petits projets-pilotes ne concernant que certains métiers ou des fonctions “traditionnelles” comme l’e-mail.

Si la réduction des coûts constitue le principal facteur d’adoption du SaaS (pour 44 % des sondés), les DSI y sont moins sensibles que les responsables informatiques : ils entrevoient les bénéfices stratégiques sur le long terme. Notamment en termes de modernisation des processus, mais aussi d’optimisation du capital humain : la fonction de support IT étant confiée au prestataire de la solution SaaS, les équipes qui géraient cette problématique en interne peuvent être reclassées sur d’autres tâches.

* Le périmètre de cette étude conduite en mai-juin 2014 englobe les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et l’Australie.

—— A voir aussi ——
Quiz ITespresso.fr : connaissez-vous les enseignes high-tech en France ?

Crédit photo : Triff – Shutterstock.com


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur