Le CNNum cherche des contre-pouvoirs face à l’économie des plates-formes

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Entre consultations et appels à idées, le Conseil national du numérique tente d’appréhender l’évolution d’Internet vers une économie de plates-formes.

Un « vaste supermarché où tout le monde est devenu dépendant d’un nombre restreint d’entreprises » : cette définition d’Internet, on la doit au Conseil national du numérique.

L’organe consultatif perçoit un environnement contrôlé par des plates-formes pour le compte desquelles les internautes sont devenus « des fournisseurs de données personnelles », voire « des travailleurs non rémunérés ».

Il organise, du 10 octobre au 17 novembre 2017, plusieurs consultations sur le sujet, avec l’objectif d’alimenter un rapport qui sera remis début 2018 au gouvernement.

Des rencontres avec une centaine d’experts ont permis d’établir un constat : les schémas de régulation ne sont pas adaptés à la complexité d’évolution et à la dimension internationale desdites plates-formes.

Un débat est ouvert à ce propos, avec quatre thématiques jugées prioritaires en matière de développement de contre-pouvoirs efficaces.

En tête de liste, la modération des contenus, face aux controverses liées aux fake news et aux enjeux de limitation de la propagande terroriste ou d’autres contenus illicites.

Transparence

Le CNNum s’intéresse aussi aux discriminations liées à l’utilisation des algorithmes, ainsi qu’à la maîtrise de nos données et la transparence sur leurs usages. Il aborde également la viabilité des relations entre acteurs économiques, sous l’angle du déséquilibre que les plates-formes tendent à créer avec les entités qu’elles référencent.

Dans le prolongement de cette réflexion, il s’agira d’imaginer les scénarios institutionnels pour développer des capacités d’intervention, en prenant en compte plusieurs défis, dont le secret du fonctionnement des plates-formes et l’importance de coordonner les actions à l’échelle européenne.

En parallèle des consultations, le Conseil lance des appels à idées, sur les algorithmes et sur la façon, pour les « citoyens-utilisateurs », de faire entendre leur voix face à de mauvaises pratiques.

Concernant les algorithmes, le CNNum part du principe qu’ils peuvent contenir des biais et avoir tendance à reproduire les stéréotypes de la société. Dans ce contexte, comment mieux les auditer ? Les principaux enjeux semblent résider dans la notion d’explicabilité, ou comment retranscrire le fonctionnement du code informatique en termes intelligibles pour les utilisateurs concernés.

Les meilleures propositions seront débattues au cours d’afterworks qui permettront d’aborder les questions de faisabilité technique, de coût et de réseaux d’acteurs à impliquer.

Même principe pour l’appel à idées sur le volet « mauvaises pratiques » ; la question sous-jacente étant « Que deviennent réellement nos données ? ».

« Plus on y regarde de près, plus on mesure qu’on ne sait pas grand-chose », affirme le CNNum en comparant les plates-formes à des « boîtes noires »… et en mentionnant l’accord que Facebook a signé en 2015 avec un grossiste de données dont les clients sont des gouvernements, des employeurs ou encore des assureurs.


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