Comité olympique : Internet pas assez rentable

Mobilité

Actuellement se tient à Lausanne la “conférence sports et nouveaux médias” organisée par le CIO (Comité international olympique). Interdits de retransmission lors des jeux de Sydney, les sites Internet ne sont toujours pas assez rentables aux yeux du CIO. Dommage.

Richard Pound, président du groupe Internet du CIO (Comité international olympique) cité par Associated press est catégorique : “Nous ne ferons rien qui puisse porter préjudice aux droits télévisés.” Tout est dit, appuyé par des chiffres sans appel : les droits de retransmission télévisuelle des Jeux de Sydney ont rapporté pas moins de 1,33 milliard de dollars (environ 10 milliards de francs) aux organisateurs, soit 51 % du total, estimé à 2,6 milliards de dollars (quelque 20 milliards de francs). “Environ 3,7 milliards de téléspectateurs regardent la télévision, contre 25 millions d’utilisateurs d’Internet”, prévient Richard Pound, citant les chiffres d’audience des JO. Quand parmi les quelque 600 participants aux conférences, des voix s’élèvent pour une séparation des droits Internet de ceux télévisuels, la réponse du président du groupe Internet est très claire : “Ces droits resteront liés jusqu’aux jeux de 2008” indique-t-il.

Encore un problème de territorialité

Une des raisons évoquées par le CIO est la gestion de la territorialité. Les droits de retransmission sont en effet vendus par pays, or Internet fait tomber les frontières. “Historiquement, nous vendons nos droits dans un territoire délimité. Jusqu’à ce que vous puissiez garantir que le signal est bien limité à un territoire, vous ne pouvez pas diffuser de contenu vidéo ou audio sur Internet”, s’est justifié Richard Pound cité par Associated press. Pourtant des solutions de localisation des internautes existent actuellement, même si elles ne peuvent être garanties à 100 % (voir édition du 22 novembre 2000). L’argument risque donc de ne pas être valable très longtemps.

D’ailleurs durant les jeux de Sydney, un site Internet a eu le privilège de retransmettre des images. C’est celui de la chaîne américaine NBC, autorisée à mettre en ligne ses reportages mais uniquement 24 heures après leur tournage et en ne les transmettant qu’à un nombre restreint d’internautes. Résultat, si 180 millions d’Américains ont suivi les Jeux sur leur télévision, seuls 5,6 millions ont eu accès aux retransmissions en ligne par NBC. Les responsables techniques de ces retransmissions admettent d’ailleurs qu’il n’est pas possible de diffuser des vidéos à tout le monde en même temps. En ce sens, ils approuvent la décision du CIO de ne permettre le streaming qu’à un nombre limité d’internautes. Du côté des revenus, NBC aurait engrangé 900 millions de dollars de recettes publicitaires avec ses programmes télé contre 20 millions de dollars de revenus collectés grâce à son site Internet.

L’identification des internautes… au service du marketing ?

Les débats se sont aussi concentrés sur la question de l’identification des internautes, ainsi que le souligne l’AFP citant Anita DeFrantz, première vice-présidente du CIO : “Comment savoir qui utilise Internet (pour l’information sportive), quand, où, pourquoi et comment ?” s’interroge-t-elle. Coca-Cola, premier sponsor officiel a apporté sa vision, reprise sur le site de la conférence sports et nouveaux médias du CIO : “Le nouveau média interactif adapte ses messages à une personne à la fois”, déclarait Stephen Hughes, vice-président senior et directeur du marketing de la société d’Atlanta. “Les fans veulent plus de sensations [qu’avec les médias traditionnels], ils veulent de l’interactivité, partager l’information avec leurs amis et converser avec les athlètes. (…) Nous devons placer l’utilisateur final au beau milieu du modèle [économique]. Plus Coca-Cola entretient cette relation avec lui, plus Coca-Cola gagne d’argent.” Tout est dit.


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