Comment AMD “pérennise” les investissements des entreprises

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A l’occasion d’une journée organisée par IDC, AMD a rappelé la stratégie en oeuvre pour optimiser les investissements de ses clients.

AMD est intervenu ce mardi 8 avril dans le cadre de la journée de conférences-débats organisée par IDC sur les marchés du secteur public. Thème de l’intervention : pérennisation des investissements informatiques.

Dans ce cadre Bernard Seité, directeur technique Europe du Sud chez AMD France, a présenté les stratégies que son entreprise mène depuis plusieurs années pour protéger les investissements matériels de ses clients en se concentrant sur l’optimisation de la plate-forme informatique, sur la virtualisation et sur l’efficacité énergétique.

Pour AMD, la pérennité des investissements passe par une évolution en douceur des technologies matérielles. L’entreprise de Sunnyvale n’a pas seulement fait le choix, tant pour les solutions serveurs (socket 940, 1207 et, prochainement, Piranha) que postes de travail (AM2, AM2+, AM3), de conserver une base matérielle compatible avec le passage d’une génération de processeur à une autre, elle s’est employée en amont à enrichir l’architecture x86 mise au point par son concurrent Intel. Lequel tend plutôt à pratiquer une politique d’innovation par la rupture technologique.

Les serveurs x86 sauvés par le 64 bits

C’est pourquoi le fondeur au logo vert a introduit, dès 2003, la gestion des instructions 64 bits sur les puces x86 avec l’arrivée des Opteron. “Cela a permis de pérenniser les applications 32 bits développées par les sociétés“, souligne l’intervenant. Tout en “donnant ses lettres de noblesse aux serveurs x86” puisque la technologie 64 bits était jusqu’alors réservée aux machines de type mainframe, notamment alimentées par l’Itanium d’Intel et son architecture IA64 en rupture avec le 32 bits.

Abordé avec l’arrivée des premières puces double coeurs en 2005, la virtualisation vise également à pérenniser les investissements des entreprises, publiques comme privées. La virtualisation permet en effet de tirer pleinement parti des ressources d’un serveur pour servir plusieurs applications à travers plusieurs environnements.

En substituant les couches logicielles par un hyperviseur matériel, AMD-V, au niveau du processeur, AMD réduit la puissance requise par le serveur et optimise ainsi les coûts d’acquisition et de fonctionnement. Un hyperviseur qui ne se distingue cependant guère de la solution concurrente d’Intel VT.

Direct Connect appropriée aux environnements virtualisés

C’est pourquoi l’entreprise dirigée par Hector Ruiz a, avec l’arrivée des Opteron, introduit la technologie Direct Connect appropriée aux environnements virtualisés. Cette nouvelle architecture point à point tend à éliminer les goulets d’étranglement inhérents à technologie Front Side Bus qui concentre les transferts de données vers un contrôleur mémoire situé sur une puce dédiée, le northbridge.

A l’inverse, Direct Connect intègre le contrôleur mémoire directement sur le processeur (ce qui permet un fonctionnement à fréquence égale et une réduction des temps de latence) et s’appuie sur HypertTransport, un bus de communication qui offre jusqu’à trois liaisons par processeur.

C’est cette architecture évolutive qui sert au mieux la technologie de virtualisation et ses besoins soutenus de bande passante. “Dans un contexte virtualisé“, résume Bernard Seité, l’exécution de plusieurs environnements en parallèle défie les besoins en bande passante.

Selon lui, la technologie Direct Connect offre une largeur de bande jusqu’à trois fois plus élevée qu’en bus frontal ce qui permet une meilleure montée en charge des calculs. Là encore, l’investissement AMD s’avère profitable, sous entendu en regard de l’offre concurrente.

Un marché dominé par deux acteurs

Enfin, les économies d’énergies sont au coeur du sujet. Et AMD comme Intel déploient des trésors d’ingéniosité pour rendre leurs processeurs les plus économes possibles. Bernard Seité y voit trois facteurs principaux : la finesse de gravure des puces, la tension d’alimentation des coeurs et leur fréquence de fonctionnement.

En matière de technologie de gravure, Intel tient tête avec sa technologie 45 nanomètre qu’AMD ne devrait aborder qu’au cours du troisième trimestre 2008. Mais, selon l’intervenant, les économies énergétiques se situent surtout au niveau du fonctionnement des différentes parties de la puce. En permettant une gestion dynamique de la tension d’alimentation selon les besoins en calcul (gérés par le système d’exploitation), la consommation énergétique moyenne s’en voit réduite.

En revanche, AMD se distingue de son concurrent par l’intégration sur le processeur du contrôleur mémoire et de gestion des communications ce qui lui permet de soutenir l’usage de la mémoire DDR2 contre la FB-Dimm deux fois plus consommatrice d’énergie, selon Bernard Seité. Enfin, l’intervenant a rappelé que l’existence de sa société installait une concurrence tarifaire bénéfique aux clients dans un marché dominé par deux acteurs principalement.

AMD va licencier 10 % de ses effectifs
Depuis la création de l’entreprise en 1969 par Jerry Sanders, c’est la première fois qu’AMD subit une restructuration de cette ampleur. D’ici la fin du troisième trimestre 2008, l’entreprise va se séparer de 10% de ses 16 400 employés. Soit environ 1600 personnes. Tous les secteurs sont concernés, aux Etats-Unis comme à l’international. Y compris le bureau français qui comprend 25 personnes. Mais l’équipe française assure qu’elle ignore encore les impacts éventuels de ce plan de rigueur. En revanche, les unités de production de Dresde en Allemagne devraient être épargnées par l’annonce. La restructuration vise à compenser les résultats décevants de l’année 2007 et confirmés sur le premier trimestre 2008. Si le chiffre d’affaires affiche une hausse encourageante de 22 % sur les trois premiers mois de l’année à 1,5 milliard de dollars environ, il marque une baisse de 15 % par rapport au dernier trimestre 2007. En cause, la concurrence féroce d’Intel, les retards de lancement du Barcelona (l’Opteron quadri-coeur), la digestion difficile d’ATI et, plus généralement, la crise économique qui frappe les Etats-Unis. Le PDG Hector Ruiz maintient le retour à la profitabilité pour le 3e trimestre 2008.

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