Compaq inspirateur de l’iPod ?

Mobilité

Apple n’était pas la première sur le marché du baladeur numérique. Compaq dispose même d’un brevet et d’un projet remontant à 1998. Pourquoi HP n’a-t-il pas retenu ce premier baladeur numérique sur disque dur ?

Ce n’est pas Apple qui détient le brevet du principe de fonctionnement de l’iPod, mais Compaq ! Bizarrerie de l’histoire, la firme qui a fusionné avec HP en 2002 avait développé dès 1998 un lecteur numérique aujourd’hui peu connu du public, le Personal JukeBox (PJB). Lancé en 1999, celui-ci n’a pas été retenu par HP dans la multitude de projets nés de la fusion des deux sociétés. Aujourd’hui, le premier groupe informatique mondial se prépare pourtant à vendre un iPod d’Apple sous sa marque voir édition du 9 janvier 2004. Certains, comme nos confrères de The Register, y voient la faillite de la politique d’innovation du groupe dirigé par Carly Fiorina. Le brevet de Compaq décrit une méthode combinant l’utilisation de mémoire vive et d’un disque dur qui rappelle étrangement celle des lecteurs numériques à disques durs du marché. Reste que c’est la stratégie d’Apple qui s’est révélée payante pour l’instant, notamment grâce à l’adoption d’une de ses technologies dans l’iPod : FireWire. Sans celle-ci, l’iPod n’aurait été qu’un autre baladeur MP3 sur port USB du marché. FireWire permet de charger l’iPod en musique et en énergie en une seule opération. Surtout, le transfert de plus de 1 000 chansons s’opère en quelques minutes (10 minutes sur le premier modèle ou l’iPod Mini).

Une combinaison de technologies

Autres points communs entre les baladeurs d’Apple et celui de Compaq : la compacité et la facilité d’utilisation. Si Apple est sans conteste le champion de la convivialité, la petite taille de ses appareils est surtout due à la technologie de stockage utilisée : des disques durs de moins de 5 centimètres de hauteur sur la première génération d’iPod et des Microdrives sur les actuels iPod Mini (voir édition du 7 janvier 2004). Enfin, notons au passage que l’iPod n’aurait pas connu le succès sans l’utilisation de son “pilote”, le logiciel iTunes (voir édition du 24 octobre 2001), et la possibilité d’y écouter des morceaux de musique achetés en ligne (voir édition du 29 avril 2003). Autant dire que ce n’est pas la technologie du produit qui a fait son succès, mais l’association de diverses technologies. Une combinaison longue à reproduire pour être parfaite et que HP peut aujourd’hui proposer en quelques mois à ses clients. Une raison apparemment suffisante pour ne pas s’appuyer sur l’inventivité interne.


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