Confidentialité : Yahoo donne de la transparence au PRISM

Régulations

Dans la lignée des révélations autour du programme d’espionnage électronique PRISM, Yahoo a publié un rapport ‘de transparence’ synthétisant les requêtes formulées par les États pour obtenir des données sur les internautes.

En juin dernier, dans une lettre cosignée par sa patronne Marissa Mayer et son directeur juridique Ron Bell, Yahoo appelait le gouvernement américain à davantage de transparence sur la question du programme de cyber-surveillance PRISM.

Ayant entretemps obtenu la déclassification de certains documents confidentiels démontrant son opposition à ces pratiques d’espionnage massif, le groupe Internet de Sunnyvale fait aujourd’hui la lumière sur la teneur de ses relations avec l’Etat américain.

Il publie à cet effet un rapport dit ‘de transparence’ (document PDF), voué à réactualisation semestrielle et dont la première occurrence couvre la période du 1er janvier au 30 juin 2013.

Y sont compilées les sollicitations reçues dans le cadre d’enquêtes judiciaires ou émanant des autorités gouvernementales, pour des cas de fraude, des assassinats, des disparitions d’enfants ou encore la prévention de suicides.

Certaines informations relevant du secret défense, typiquement les demandes relatives à la protection du territoire et la nature exacte des données communiquées aux agences de renseignement, ne figurent pas dans ce compte rendu.

Mais le périmètre du rapport s’étend aussi à l’ensemble des pays où Yahoo dispose d’entités juridiques.

Pour autant, ce sont bien les États-Unis qui restent les plus demandeurs, avec 12 444 requêtes portant sur 40 322 comptes d’utilisateur.

4604 de ces demandes ont été traitées – intégralement ou partiellement – par la révélation de données numériques parmi lesquelles des e-mails, des photos hébergées sur Flickr, de commentaires sur le service Answers, etc.

Dans 6798 cas, la société Internet de Marissa Mayer n’a pas délivré de fichiers, mais des éléments comme l’identité, la géolocalisation et/ou l’adresse IP.

Avec 1855 demandes enregistrées (Yahoo a accédé à 60% d’entre elles), la France arrive en 5e position derrière les États-Unis (12 444), l’Allemagne (4295), l’Italie (2637) et Taïwan (1942).

Cette mise au point fait suite à celles de Google, Twitter Microsoft… et Facebook, qui s’est exécuté fin août.

Apple n’a pas encore formalisé de rapport, mais évoque entre 4000 et 5000 assignations visant entre 9000 et 10000 individus.

Yahoo négocie encore avec le FBI et le ministère américain de la Justice pour dévoiler davantage d’informations démontrant son opposition à PRISM, notamment au nom du 4e amendement de la Constitution des États-Unis d’Amérique.

Celui-ci stipule que tout citoyen peut s’opposer à une saisie non légitime de ses bien matériels et numériques.

Ci-dessous, la situation en France :

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Crédit photo : Jirsak – Shutterstock.com


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