Copie privée : baroud d’honneur pour Wizzgo

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Après avoir suspendu son magnétoscope en ligne sur décision judiciaire, Wizzgo essaie de sensibiliser les pouvoirs publics à sa cause.

La start-up Wizzgo est plus que jamais en péril. Cette jeune pousse, qui mettait à disposition des internautes magnétoscope numérique en ligne, avait été obligée de suspendre ce service en novembre dernier, car elle avait été condamnée pour contrefaçon et copies illégales de programmes de télévision par le TGI de Paris.

A cet effet, la société éditrice devra verser au groupe M6, également propriétaire de W9, des réparations d’un montant de 480 000 euros. Wizzgo devra par ailleurs aussi verser des indemnités à TF1et à NT1 pour des faits similaires, mais leur montant reste encore à déterminer.

Loin de baisser les bras, Wizzgo avait lancé à la fin de l’année dernière une pétition en ligne intitulée : Pétition aux pouvoirs publics, Pour le droit à la copie privée avec un magnétoscope en ligne. Wizzgo vient d’annoncer sur son blog que 80 000 personnes ont signé cette pétition en faveur de l’application d’un droit à la copie privée.

Et pour sensibiliser les plus hautes autorités au moment où le projet de loi Création et Internet s’apprête à passer devant l’Assemblée nationale, Wizzgo vient de transmettre à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communiaction, et surtout à Nicolas Sarkozy une lettre ouverte afin de faire « évoluer le cadre légal afin qu’il permette l’accès à tous aux oeuvres audiovisuelles ».

« Pourquoi ne pourrait-on pas enregistrer sur Internet comme sur un magnétoscope ? »

Philippe Savary et Jérôme Taillé-Rousseau, les deux fondateurs de Wizzgo, estiment qu’au moment où « le gouvernement [… ] souhaite légitimement lutter contre le piratage, il serait paradoxal que le principe de la copie privée ne puisse évoluer et s’adapter à l’environnement numérique dans lequel vivent désormais de plus en plus de Français ».

Selon eux, la copie privée serait une alternative intéressante, voire même indispensable pour lutter contre le téléchargement illégal : « Si programmer simplement un enregistrement en ligne d’un programme télévisé à venir, comme on le faisait auparavant avec un magnétoscope traditionnel, n’est pas permis via Internet, le risque est grand de pousser de plus en plus de téléspectateurs internautes vers des sources illégales de contenus [… ] ».

Et même si Wizzgo espère encore l’intervention des pouvoirs publics, il n’est pas très optimiste quant à son avenir. Philippe Savary estime sur son blog que la « fin est proche ». Il dévoile que Wizzgo était entré en discussion en fin d’année avec les chaînes de télévisions du groupe M6 et TF1 « non pas pour négocier avec ces dernières l’enregistrement de leurs programmes et relancer le service, mais tout simplement pour leur demander de renoncer à tout ou partie des extraordinaires condamnations financières ».

D’après Wizzgo, les chaînes concernées n’ont pas voulu trouver un terrain d’entente. La start-up avait alors décidé de présenter un recours en référé devant la Cour d’appel de Paris « dans le but de suspendre le caractère exécutoire des sanctions financières ». Mais elle a été finalement déboutée il y a quelques semaines…


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