Cyber-sécurité : le gouvernement favorise un plan d’actions face au terrorisme

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Lors du FIC de Lille, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a dévoilé un plan de six mesures Internet visant à mieux lutter contre le terrorisme. Les services vidéos et les réseaux sociaux doivent davantage coopérer.

Avec le Forum International de la Cybersécurité (FIC) qui s’est ouvert à Lille hier, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a esquissé un plan d’action contre le terrorisme avec des mesures pour contrôler davantage Internet. Mais il semble que la piste d’un Patriot Act à l’américaine (c’est-à-dire une législation d’exception en raison du contexte d’alerte attentats) soit écartée.

Le ministre a préféré centrer son intervention sur un plan en six points résumés par Silicon.fr :

– développement d’outils statistiques pour disposer d’une vision claire des cybermenaces;
– renforcement des capacités d’analyse et des capacités opérationnelles (notamment via une veille mieux organisée sur les réseaux sociaux ou le développement de compétences cyber au sein des sections de recherche de la gendarmerie);
– sensibilisation et prévention (la DGSI ayant ce rôle auprès des entreprises stratégiques, la Gendarmerie étant chargé des PME-PMI);
– recherche et développement (via le soutien à la filière industrielle française et européenne);
– renforcement de la sécurité du ministère en tant que tel (y compris pour les usages mobiles);
– renforcement de la coopération internationale.

Bernard Cazeneuve devrait développer tous ses sujets dans une communication lors du Conseil des ministres qui se tient ce matin.

Il assure que ce durcissement du cadre de la lutte anti-terroriste se fera dans le respect des libertés individuelles. « Sinon nous aurions consacré la première victoire des terroristes », a-t-il commenté lors du FIC.

Un « renforcement des capacités d’analyse et de traitement opérationnel des réponses » aux attaques est validé. Cette mission revient au cyber-préfet Jean-Yves Latournerie, dont la nomination remonte à fin 2014.

Une enveloppe de 108 millions d’euros sera débloquée dans ce sens. Mais, globalement, on évoque un montant de 400 millions d’euros qui serait attribué à ces mesures d’accompagnement dans la lutte anti-terrorisme

La question de la responsabilités des services vidéos sur Internet et des réseaux sociaux dans un contexte de menaces terroristes revient sur la table. Le gouvernement veut stopper la propagation d’appels à la haine et l’apologie du terrorisme sur le Web.

« Après les attentats, sur Twitter et Facebook, on pouvait lire de nombreux messages antisémites, islamophobes ou appelant à la haine. Pourquoi devraient-ils rester en ligne ? », a tancé le ministre de l’Intérieur, lors de son intervention au FIC.

Invité à cette session de professionnel de la sécurité, son homologue allemand Thomas de Maizière était sur la même longueur d’onde : « Quelques heures après les attentats de Paris, des images terribles circulaient sur les réseaux sociaux. J’ai demandé aux opérateurs de retirer ces images, ce qui a été fait. Mais on ne devrait pas être obligé d’attendre qu’un ministre le demande pour que cela soit fait. »

Mais l’ASIC, qui regroupe des services Internet communautaires importants (comme Facebook ou Dailymotion), assure que ses membres « apporte quotidiennement son soutien à la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme ». :

Dans un communiqué en date du 14 janvier, l’association professionnelle de l’Internet précise : « Nos membres travaillent activement avec tous les services d’enquêtes afin de les aider à procéder à l’identification des divers auteurs de crimes ou délits ou de lutter contre la propagation de ces contenus manifestement illicites. » Pour les pouvoirs publics, ce volontarisme affiché ne serait pas suffisant.

Dans le prolongement de ces mesures coercitives, le gouvernement veut également étoffer la filière de la cybersécurité, qui constitue l’un des 34 plans industriels déterminés par l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg. Des grandes entreprises comme Thales, Orange ou Airbus, devraient bénéficier d’un soutien renforcé de l’Etat français pour vendre leurs solutions au niveau international.

Les plus petits éditeurs de solutions de sécurité ont déjà mis en place un club visant « à chasse en meute » et à conquérir de nouveaux marchés en affichant une certaine unité (HexaTrust).

Thomas de Maziere et Bernard Cazeneuve au FIC 2015.
Union franco-allemande contre le (cyber)-terrorisme : Thomas de Maziere et Bernard Cazeneuve au FIC 2015.

 

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