Cyber-surveillance : les Français font contre mauvaise fortune bon coeur

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Le 20e édition du baromètre Orange/Terrafemina sur les usages Internet décrit des Français majoritairement résignés face à la surveillance généralisée des échanges sur le Web.

Pour de nombreux Français, il y a incompatibilité entre l’innovation technologique et la confidentialité des données personnelles.

48% des internautes sondés par l’institut Polling Vox s’accordent sur cet antagonisme. Dans la lignée des révélations autour des programmes d’espionnage électronique menés par les agences gouvernementales dont la puissante NSA, cette opinion est partagée à travers l’ensemble des catégories d’âge et des couches socioprofessionnelles interrogées*.

Malgré ces réserves, les Français s’accordent sur la nécessité d’une surveillance généralisée de la Toile, quitte à ce que les libertés individuelles soient contrariées. 59% des internautes interrogés ne trouvent rien à y redire. Ils y voient un moyen de “lutter efficacement contre les organisations criminelles” et de protéger le territoire.

Pour autant, 71% se disent “inquiets” concernant la collecte de leurs données. Le panel affiche même un certain fatalisme : près des deux tiers sont persuadés que leurs conversations téléphoniques sur les réseaux mobiles sont “enregistrées et stockées”. 74% pensent de même pour les SMS ; 80%, pour les e-mails échangés entre particuliers.

Les achats en ligne n’échappent pas à ce scepticisme : 81% des Français sont convaincus que les données transmises aux sites marchands sont communiquées à d’autres entreprises commerciales privées. Mais surtout, 57% craignent qu’elles parviennent à “des organismes de surveillance”, comme la DGSE en France.

Si quatre internautes sur dix s’opposent fermement à de telles pratiques “injustifiées”, 52% tempèrent leur position, réclamant une plus grande implication de la sphère politique. Pour 81% de l’échantillon, il est nécessaire d’adopter des lois plus restrictives à l’échelon européen.

Cette tendance s’était déjà illustrée à la rentrée 2013 à travers une étude menée par BVA pour le Syntec Numérique. Les attentes des Français se portaient alors sur le droit à l’oubli (52%) et la possibilité de chiffrer les communications (38%). A contrario, seuls 7% des répondants déclaraient souhaiter obtenir des informations sur la localisation géographique des serveurs hébergeant leurs données personnelles.

* L’enquête a été menée les 22 et 23 janvier 2014, à l’appui d’un questionnaire autoadministré en ligne. 1017 personnes de 18 ans et plus y ont répondu.

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Crédit photo : pzAxe – Shutterstock.com


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