Cyber-surveillance : Moscou garde l’oeil sur les Jeux olympiques de Sotchi

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En prévision des Jeux olympiques d’hiver qui se tiendront du 7 au 23 février 2014 dans la ville balnéaire de Sotchi, le services de renseignements russes ont mis en place un programme de cyber-surveillance apparenté au PRISM américain.

L’Agence de renseignement fédérale russe (FSB) a ordonné la mise en oeuvre d’un système d’interception des communications électroniques dans la région de Sotchi, cette ville balnéaire de la mer Noire où se dérouleront, du 7 au 23 février 2014, les XXIIes Jeux olympiques d’hiver.

Les travaux en ce sens auraient débuté en 2010, selon The Guardian, qui se base sur des documentations techniques rendues publiques par l’administration Poutine et décortiquées par deux journalistes sur place.

Les entreprises télécoms retenues à l’issue d’un appel d’offres auraient modifié l’architecture de leurs réseaux respectifs – aussi bien mobiles que Wi-Fi – pour y greffer des équipements destinés à filtrer les appels téléphoniques ainsi que le trafic Internet.

L’ensemble serait relié à la plate-forme de cyber-surveillance nationale Sorm (‘System or Operative Investigate Activities’), qui offre aux autorités un contrôle global sur l’ensemble des données : communications voix, e-mails, messagerie instantanée, réseaux sociaux…

A la tête de ce programme, on retrouverait Oleg Syromolotov, l’une des têtes pensantes du contre-espionnage russe.

Ces démarches viseraient notamment à anéantir le risque terroriste. Il serait également question d’éviter l’organisation de manifestations en faveur des droits des gays, après la publication d’une loi interdisant la ‘propagande homosexuelle’.

Ron Deibert, professeur à l’Université de Toronto, décrit ce projet comme un ‘PRISM aux stéroïdes”, en référence au programme d’espionnage mené par l’administration américaine.

Sorm a en effet cette particularité d’être dimension de sorte à pouvoir intercepter absolument tout le flux de communications. Il serait même d’une plus grande envergure que le dispositif mis en place lors des JO d’été de 2008 à Pékin.

A cet égard, les autorités américaines commencent à mettre en garde leurs ressortissants, invités à désactiver si possible l’itinérance et à retirer la batterie de leur téléphone portable lorsque celui-ci n’est pas utilisé.

L’administration russe tempère ces propos, soulignant notamment qu’aucun système de vidéosurveillance ne sera mis en place, “contrairement à ce qui a été fait à Londres en 2012” pour la dernière édition des JO d’été.

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Crédit illustration : Kheng Guan Toh – Shutterstock.com


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