Dans l’ambiance de la commission Brun-Buisson

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Ce jeudi 18 janvier, la commission Brun-Buisson entame les discussions sur les supports intégrés. Autour de la table, ayants droit, industriels et représentants confrontent leurs arguments et vont parfois jusqu’à s’invectiver franchement. Et ils ne sont pas tendres quand ils décrivent l’ambiance des réunions. Petit florilège.

“Au début, on est passé par une sorte de phase de drague, c’était plutôt drôle”, s’amuse un des membres de la commission Brun-Buisson, mise en place en mars 2000 par le ministère de la Culture après les demandes des sociétés chargées de gérer les droits d’auteur. La commission compte 25 membres : son président, Francis Brun-Buisson, conseiller maître à la Cour des comptes qui possède une voix prépondérante, 12 représentants des ayants droit, 6 représentants des industriels et 6 représentants des utilisateurs (la composition détaillée est disponible dans l’arrêté paru au Journal officiel). Après la période d’observation entre les deux camps, l’ambiance s’est détériorée :

“On en est venu à une phase de menace et là on a passé les bornes”, regrette le membre qui parlait de la “drague” du début. Les réunions, programmées au départ tous les 15 jours, sont devenues hebdomadaires. “Ils ont joué la montre”, prétend l’un, quand un autre estime : “Sur une réunion qui s’étale en général de 15 h à 19 ou 20 h, il n’y a que 15 minutes d’utile.”Des débats dignes d’une pièce de théâtre“Ambiance regrettable”, “à la limite de l’insulte”, “climat détestable”, “c’est quasiment de la menace”… le vocabulaire employé pour décrire l’ambiance n’est pas tendre. “Ça mériterait d’être transposé en pièce de théâtre”, juge, désabusé, l’un des membres, “chacun joue un rôle, il y a un comique dans chaque camp, il y a ceux qui font semblant d’être sérieux, les fausses réponses, les vraies, il faut trier.” Les uns évoquent des “joutes rhétoriques”, se désespèrent qu’il n’y ait “pas de discussion sur certains points”, parlent de “non-volonté de négocier”. “Les uns et les autres sont là pour tirer leur épingle du jeu”, estime un participant. “Nos arguments sont peu écoutés”, dira son voisin.

“Personne ne joue vraiment le jeu”, admet un représentant quand, en face, on se sent “pressé de toutes parts”. Ils nous pipotent, s’emporte un autre. Le président cherche à ramener le calme, éviter les affrontements et les fuites qui enveniment la situation, “déminer le débat”, résumera-t-on. Au point que le climat est parfois “beaucoup plus apaisé”. Il y a tout de même ceux qui voient les côtés positifs, “au bout du compte, nous nous sommes rapprochés” admet tout de même un des membres. Alors qu’il reste maintenant à discuter des supports intégrés, certains menacent à mots couverts de claquer la porte. Bon courage pour la suite ! On comprend pourquoi nos témoins ont préféré restés anonymes.


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