Data Publica vise une clientèle BtoB avide de marketing prédictif

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A travers son outil C-Radar, Data Publica veut faciliter l’effort de prospection commerciale dans le BtoB. Témoignage de la poste belge et de The French Talents.

Améliorer la prospection marketing et commerciale des clients BtoB. C’est la mission de Data Publica, qui exploite la plateforme C-Radar.

La société, créée en 2011 par François Bancilhon et Christian Frisch, vient de présenter une démo de ses compétences orientées big data et marketing prédictif, en y associant deux cas clients (Bpost et The French Talents).

En s’appuyant sur sa petite équipe de data scientists (9 personnes sur un effectif global de 14), Data Publica a développé une plateforme qui facilite les démarches de prospection commerciale des entreprises, en améliorant la qualité des données BtoB.

D’où viennent les données pour détecter les entreprises clientes ? C-Radar s’appuie sur des bases de données publiques (INSEE, Infogreffe, Bodacc, INPI) mais sur les informations aspirées sur les pages Web des sites d’entreprise et de leurs profils qui se dégagent sur les réseaux sociaux.

La société y ajoute une dimension d’analyse marketing (« firmographie », segmentation affinée d’entreprises et visualisation des data) et une partie d’aide à la vente (moteur de recherche, recherche par similarité sémantique, apprentissage automatique, scoring).

En tout, C-Radar dispose de données portant sur 4 millions d’entreprises françaises et la base est enrichie automatiquement avec des mises à jour sur le contenu corporate.

Après la Belgique (et vous comprendrez juste après pourquoi), Data Publica compte s’ouvrir davantage à l’international avec le Royaume-Uni dans le collimateur puis les autres marchés européens à plus long terme.

C-Radar se présente comme une gamme de solutions disponibles en mode SaaS (hébergé). Une grille de quatre offres a été mise en place. « Une TPE peut démarrrer avec la version C-Radar Pro [à partir de 99 euros hors taxes par mois, ndlr] avec des exports contacts pour faire du mailing et du phoning », assure François Bancilhon.

La société affiche des références grands comptes comme Cegid, BPCE, Total Energie Gaz.

Bpost : efficacité de la prospection multipliée par deux

Lors d’un petit déjeuner organisé mardi matin dans Paris, deux clients ont apporté leur témoignage de l’usage de C-Radar.

Au nom de Bpost (la poste Belge), Sébastien Dreossi, Senior expert au service customer intelligence et business analytics, a expliqué comment la solution de Data Publica a été exploitée pour toucher les e-commerçants du pays, faute d’une base existante ad hoc.

« On cherchait des sociétés avec un chiffre d’affaires supérieur à 250 000 euros éligibles à un contrat avec Bpost », précise l’interlocuteur.

Les objectifs associé à l’appel d’offres remporté par Data Publica étaient multiples : créer une base de données de référence, identifier de nouveaux prospects intéressants, augmenter la qualification et la connaissance des sociétés, allouer le canal de vente le plus pertinent…

Après une phase de démarrage du projet (novembre 2014) et le passage à l’industrialisation (avril 2015), la poste belge exprime sa satisfaction au regard des premières retombées.

« L’efficacité de la prospection a été multipliée par deux voire par trois dans certains cas. Mais il est encore trop pour mesurer le chiffre d’affaires additionnel qui se répercute au profit de Bpost », estime Sébastien Dreossi. L’outil C-Radar a été intégré dans le CRM du groupe postal (Siebel).

Une prestation personnalisée via l’offre C-Radar Corporate rendue pour un investissement initial de 100 000 euros (hors taxes). Le suivi devrait être facturé 30 000 euros à l’année…

Prochaines étapes escomptés : la détection d’informations complémentaires sur les e-commerçants, la mise en place de fonctions de déclenchement d’évènements et d’un tri plus fin sur les contacts en entreprise (qui se limitent à des données comme les noms, les prénoms, les fonctions occupées en entreprise et les adresses mail disponibles via les sites Web).

The French Talents : un gain de temps commercial

La problématique de The French Talents est différente : la start-up française veut approcher la plus grande variété de marques qui souhaitent vendre leurs produits sur le Web via des places de marché (catalogue de produits, accès aux marketplaces, gestion SAV, administration des ventes, etc.).

En l’état actuel, The French Talents recense 700 clients marques (à classer dans des catégories comme la maison, la décoration, l’épicerie, le sport…) d’un côté et 150 e-commerçants de l’autre.

« Comment trouver les petites et jeunes marques ? Sachant que l’on en recense 400 000 en Europe sur tous les secteurs que l’on adresse… », synthétise Martin Gentil, le CEO de la société Internet qui a apporté son témoignage. Et comment éviter de perdre du temps en fréquentant tous les salons pros de France et effectuer une veille Internet mal calibrée…

Pour « quelques dizaines de milliers d’euros », The French Talents a également opté pour une version personnalisée de C-Radar afin de mieux qualifier les marques à prospecter dans les catégories thématiques visées (une dizaine de transversales).

La véritable exploitation de l’outil a démarré en septembre. « Chaque semaine, un commercial choisit trente prospects dans les listes fournies par C-Radar », précise Martin Gentil.

Le patron de la société qui facilite les jonctions avec l’e-commerce évoque « un gain de temps commercial » avec un « travail uniquement réalisé sur des cibles pertinentes » et une « automatisation des processus CRM ».

Financement de Data Publica : au départ, il y avait l’INRIA
En guise d’amorçage, Data Publica s’est appuyé sur IT Translation (le fond de l’INRIA) et des business angels en levant 400 000 euros.
La société est également doublement lauréate du Concours mondial de l’Innovation 2030 dans la catégorie Big Data. Ce qui lui a permis de disposer de subventions d’un montant global de 1,2 million d’euros pour accélérer son développement.
Prochaine étape : une levée de fonds de deux millions d’euros prévue courant 2016 pour l’aider à avancer dans sa croissance internationale.
La sphère de la concurrence est large pour Data Publica dont les activités se situent entre le big data, le marketing et la business intelligence. La société éditrice de C-Radar cite Kompass pour la France mais aussi Radius venu des Etats-Unis ou Growth Intel en provenance du Royaume-Uni.

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