DataPlay : c’est pour aujourd’hui ou pour demain?

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Imation annonce le DataPlayDisc, un disque de silicium de la taille d’une pièce de 2 francs pour 500 Mo, voire 3 Go bientôt. Destiné aux appareils nomades, la technologie DataPlay à coût très économique pourrait venir à bout des cartes mémoire Flash plutôt onéreuses. Encore faut-il que le DataPlayDisc ne reste pas à l’état de beau projet…

Un CD-Rom de la taille d’une pièce de 2 francs (3,2 cm de diamètre), inséré dans une cartouche protectrice et sur lequel on peut enregistrer jusqu’à 500 Mo de données en tout genre. De quoi écouter une bonne dizaine d’heures de musique au format MP3. Le tout pour moins de 110 francs la cartouche vierge. C’est ce que propose Imation avec les DataPlayDisc. Développé par la société DataPlay, ce nouveau support repose sur la technologie à changement de phase que l’on retrouve dans les CD-R et DVD-R. Ce n’est pas la moindre de ses qualités. A une taille réduite et un prix économique qui met le Mo à 20 centimes environ s’ajoute une respectable vitesse d’écriture de 1 Mo/s (des mémoires tampon seront tout de même à prévoir pour les “gros” fichiers à sauvegarder rapidement notamment pour les appareils photo numériques) et une garantie d’archivage d’un siècle. De quoi voir venir… Enfin, le DataPlay existe en 2 versions : WORM (format vierge avec une seule écriture possible du disque en multi-sessions), P-ROM (pour Partial ROM) qui offre une partie “gravée” et une plage vierge afin d’enregistrer des données. Un format particulièrement destiné aux jeux afin de pouvoir sauvegarder la partie en cours. Appareils photo numérique, PDA, lecteurs MP3, eBook et futurs téléphones portables, le DataPlayDisc se destine à tous types d’appareils nomades.

Prévu en Europe… en juin 2002

Le seul problème, c’est que le DataPlayDisc n’existe pas. Du moins pas dans le commerce. Si le média et son lecteur/graveur fabriqué par Imation ont fait le tour des salons (Comdex de Las Vegas, CeBit de Hanovre), ils ne seront pas disponibles auprès du grand public avant la fin de l’année aux Etats-Unis et juin 2002 en Europe. Le temps pour Imation de sceller des partenariats avec les constructeurs et éditeurs afin d’assurer une homogénéité entre la disponibilité du média, des appareils de lecture/écriture et des contenus. Samsung et Toshiba, ainsi que Kodak, devraient être les premiers à proposer des appareils équipés de la technologie DataPlay. Les multinationales de l’industrie musicale EMI, Universal et BMG, ont également annoncé la distribution de contenus musicaux et vidéo au format DataPlay. Lequel supporte la technologie de gestion des droits d’auteur DRM (Digital Right Management) et garantit ainsi la sécurisation des fichiers contre la copie illégale.

Pourquoi un tel décalage entre l’annonce du produit qui fait parler de lui depuis plus d’un an déjà (voir édition du 7 avril 2000) et sa sortie ? “Nous préférons plutôt parler de la technologie que du produit”, déclare Doriane Groene, porte-parole d’Imation, “tout comme on a parlé de la technologie DVD bien avant l’arrivée des premiers produits”. Soit. Et l’annonce du prix d’un produit non commercialisé ne sert qu’à mettre en avant la différence de coût entre un DataPlay et un autre support de stockage. Car plus que le CD-R et le DVD-R, c’est bien le marché de la mémoire Flash que vise DataPlay. Ce format prometteur est en effet très avantageux par rapport aux solutions actuelles essentiellement composées de mémoire flash onéreuse : plus de 2 000 francs la CompactFlash à 256 Mo, près de 1 300 francs la SmartMedia à 128 Mo… Même le Microdrive d’IBM, composé d’un disque dur d’1 Go au format CompactFlash de type II, n’est pas concurrentiel. A plus de 4 000 francs, le Mo du Microdrive revient à 4 francs contre 20 centimes pour le DataPlay. Seule différence, mais elle est essentielle, le DataPlay ne permet pas la réécriture des données. Une fois le support plein, il faut en changer et ranger le premier dans un tiroir. Au final, il faudra avoir acheté une quarantaine de DataPlayDisc avant de rentabiliser son Microdrive… Une équation à laquelle il faudra penser avant d’adopter le format.

Une version réinscriptible du DataPlay ?

A moins qu’un version réinscriptible n’apparaisse. C’est prévu. En fonction de l’accueil reçu après la sortie officielle, le DataPlayDisc devrait être réinscriptible à volonté comme une vulgaire disquette. Mieux, sa capacité doit, à terme, être portée à 3 Go par superposition de nouvelles couches de lecture. Le prix risque cependant d’être revu lui aussi à la hausse. “Ils ne seront pas exorbitants”, soutient-on chez Imation. En attendant, ceux qui hésitaient à s’acheter un appareil photo numérique, risquent de continuer à hésiter devant les promesses d’un tel support. Si une nouvelle technologie de stockage encore plus puissante et toujours plus économique n’a pas fait son apparition entre temps…

Pour en savoir plus :

Le site de DataPlay (en anglais)Le site d’Imation (en anglais)


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