Le « décret Trump » contesté en justice : la tech américaine accompagne le mouvement

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Plusieurs sociétés technologiques envisagent de soutenir les actions en justice contre le décret « anti-immigration » signé vendredi par Donald Trump.

Qui pour soutenir, aux États-Unis, les actions en justice contre le décret « anti-immigration » signé vendredi par Donald Trump au nom de la lutte antiterroriste ?

En première ligne dans le mouvement de contestation qui s’est emparé du pays, les sociétés technologiques devraient se réunir ce mardi à l’appel de GitHub, pour discuter de la position à adopter vis-à-vis des tribunaux.

À en croire Reuters, qui en réfère à des sources dites « proches du dossier », Google, Airbnb et Netflix auraient été conviés à la table des négociations, aux côtés d’Adobe, Box, Cloudera, DocuSign, Dropbox, Evernote, Kickstarter, Mozilla, Pinterest, Salesforce, Stripe, Yelp ou encore Zynga.

Amazon a déjà abattu ses cartes.  Dans un e-mail aux employés qu’a pu consulter The Verge, le CEO Jeff Bezos affirme avoir l’intention d’accompagner les démarches de l’État de Washington, où se trouve le siège social du groupe.

De quelles démarches parle-t-on ? Le procureur général a déposé, ce lundi, une plainte contre Donald Trump et plusieurs membres de son administration (ainsi que contre le département de la Sécurité intérieure), avec l’objectif de prouver l’anticonstitutionnalité du décret.

Amazon s’associerait à la procédure en tant qu’amicus curiae, se proposant de présenter au tribunal des informations ou des opinions pouvant aider à trancher l’affaire. Son équipe a par ailleurs pris contact avec des membres du congrès « issus des deux camps » pour « explorer des options législatives ».

Dans la rue ou dans l’appli

Microsoft opte pour la même stratégie. La firme se dit « prête à témoigner » dans cette même procédure qui dénonce, outre une violation des garanties qu’offre la Constitution en matière de protection des individus, une infraction à la loi de 1965 sur l’immigration et la nationalité.

Du côté de Google, « le combat continue », comme le clame le CEO Sundar Pichai. Plus de 2 000 employés ont défilé ce lundi, sous la bienveillance du groupe Internet, notamment au QG de Mountain View. Un mouvement relayé sur Twitter avec le hashtag #GooglersUnite.

Certaines actions sont plus silencieuses. Illustration chez Twitter, qui a ajouté, sur l’écran de chargement de l’application Periscope, la mention « Conçu avec fierté en Amérique par des immigrants ».

Viber fait de même en offrant des appels gratuits vers les 7 pays à majorité musulmane concernés par le décret (les ressortissants d’Iran, d’Irak, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen se sont vu interdire l’entrée aux États-Unis pour au moins 90 jours – sauf, en l’état, s’ils sont porteurs de la carte verte.

La situation est résumée dans une lettre ouverte d’Alexis Ohanian.

Se revendiquant fils d’une immigrante allemande et arrière-petit-fils d’Arméniens qui avaient fui le génocide, le cofondateur de reddit est revenu, ce dimanche, de deux semaines à l’étranger. « Quand je suis descendu de l’avion […], je n’étais pas sûr d’être revenu dans le bon pays », déplore-t-il, en ajoutant : « Plus que jamais, nous devons nous manifester. […] C’est comme cela que nous avons empêché SOPA et PIPA ».

Crédit photo : White House


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