Dégroupage : les “prestations associées” seront moins chères

Mobilité

France Télécom baisse les tarifs de services connexes rendus aux opérateurs qui dégroupent. Ces derniers jugent les efforts encore insuffisants.

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a annoncé que France Télécom a réduit ses tarifs liés aux prestations associées du dégroupage. Il s’agit de services connexes rendus aux opérateurs alternatifs afin qu’ils puissent développer leurs propres réseaux en s’émancipant de la tutelle de l’opérateur historique. En guise d’exemple de frais annexes, on peut citer la location d’espaces réservée à l’équipement des opérateurs dans les répartiteurs de France Télécom.

Selon l’Arcep, cette évolution conduit à une réduction de la facture des frais annexes située dans une fourchette de 34 % à 44 % par répartiteur, selon la typologie du site. La baisse des tarifs de ces prestations annexes sera applicable début août. L’organe de régulation des télécommunications a donné quelques exemples de réduction qui vont se répercuter sur les factures des opérateurs. Sur les gros sites déjà dégroupés (typiquement situés en zone urbaine), il faut compter une économie de l’ordre d’un euro par accès et par mois. Dans le cas des sites de 5000 lignes (correspondant à des communes de 10 000 habitants), la réduction sera de 2,5 euros. Pour les plus petits sites (3 000 lignes), les opérateurs bénéficieront d’un rabais de 3,8 euros.

Absence de “concurrence effective”

Quelques acteurs concernés par cette baisse tarifaire ont réagi : Telecom Italia France, qui rapproche ses activités avec celles de Tiscali France, exprime sa satisfaction. Mais l’opérateur apporte un bémol : “cette amélioration des conditions économiques du dégroupage n’est pas suffisante pour développer une concurrence effective”.

Telecom Italia effectue une comparaison portant sur deux points entre les marché télécoms français et italien. Primo, le tarif de location d’un accès totalement dégroupé reste plus cher en France : 9,5 euros HT par mois soit 2 euros de plus qu’en Italie. Secundo, les tarifs de prestations associées restent plus élevés dans l’Hexagone que chez notre voisin transalpin.

Autre réclamation liée à la pérenité du modèle économique du dégroupage total : l’écart jugé trop serré entre les tarifs des prestations de gros et ceux des offres de détail. Actuellement, cet écart se situe à 2,2 euros. D’ici mi-2007, en vertu de la hausse de l’abonnement téléphonique concédée à France Télécom, la différence tarifaire s’établira à 4 euros.

Telecom Italia plaide pour une mise en oeuvre plus rapide de cet écart. “Retarder l’établissement de cet écart revient à freiner l’avènement d’alternatives concurrentielles complètes à l’abonnement de France Télécom.”, estime la direction française de Telecom Italia.

Point de salut en dehors des grandes villes

Même son de cloche du côté de Télé2 France qui estime que le prix de location d’une ligne dégroupée à 9,5 euros HT par mois “demeure trop élevé”. “Le consommateur ne bénéficie pas d’une vraie variété d’offres et de prix bas, sauf s’il habite dans une grande ville”, rajoute l’opérateur alternatif qui rencontre des difficultés de compétitivité dans les zones non dégroupées (voir article du 16 juin 2005).

Avant même la fusion effective des groupes Cegetel et Neuf Télécom, Télé2 indique “investir plusieurs dizaines de millions d’euros par an dans le déploiement d’un réseau ADSL commun” avec? Neuf Cegetel.

Qualité du dégroupage : les efforts de France Télécom sont scrutés
Conformément aux engagements pris par France Télécom devant l’Arcep en début d’année (voir édition du 24 janvier 2005), France Télécom met désormais en ligne chaque mois une liste d’indicateurs de qualité du dégroupage. Un système qui a pour objectif de mesurer les améliorations des prestations de l’opérateur historique dans ce domaine. Pour l’Arcep, les premiers résultats publiées par France Télécom pour les mois de mai et de juin “donnent des résultats contrastés”. Certes, les délais de la livraison des paires dégroupées sont mieux pris en compte. En revanche, ils sont “peu satisfaisants” à propos du volet service après-vente du dégroupage.

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