Dell recycle le matériel informatique en place publique

Mobilité

A travers une opération de “vide grenier informatique”, Dell veut sensibiliser le grand public au thème du recyclage des ordinateurs.

Le 13 mai prochain, Dell organise une journée de recyclage à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Cette initiative permettra aux particuliers de se débarrasser proprement de leur matériel informatique vieillissant, quelle qu’en soit la marque. Unités centrales, portables, écrans, souris, claviers, imprimantes, cartouches d’encres, etc, seront récupérés et traités par l’entreprise Veolia Propreté. Un atelier de démantèlement des ordinateurs à des fins démonstratives animera, notamment, la journée.

“Le matériel informatique est quasiment recyclable à 100 %”, estime Laetitia Flahaut, responsable environnement de Dell France. Par recyclable, il faut comprendre que les machines, de par leur obsolescence, ne peuvent plus être exploitées et sont vouées à la destruction. C’est particulièrement vrai pour les ordinateurs des particuliers, “souvent vieux de plus de 10 ans”, précise la responsable. Généralement âgées de quelques années seulement, les machines des parcs informatiques des entreprises peuvent bénéficier d’une seconde carrière.

Lente mise en place des arrêtés d’application

Les composants informatiques, et plus généralement électroniques, destinés à être détruits sont triés et recyclés par les différentes filières de valorisation. Les métaux sont traités par la filière ferraille, les cartes électroniques passent par l’affinage des métaux, le plastique, difficile à recycler, part dans les centres d’incinération ou d’enfouissement, etc. Cette démarche est imposée par une directive européenne de 2002 mise en oeuvre par un décret du 20 juillet 2005 (publié au Journal Officiel le 13 août 2005). La directive dite D3E (traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques) impose aux producteurs (constructeurs, importateurs et distributeurs) d’assumer le traitement des déchets (voir interview du 26 août 2005).

Mais se pose le problème de récupération. Notamment au niveau du particulier. Selon le décret, celui-ci a la possibilité de se débarrasser de son matériel auprès du distributeur à qui il achète une nouvelle machine. Mais, faute d’organisation de la filière de récupération en France, il reste à vérifier que cette obligation soit réellement appliquée. Les arrêtés d’application se mettent lentement en place et devraient se solder par l’inscription au registre des producteurs prévue pour septembre 2006. “Il est important que tous les constructeurs, importateurs, distributeurs s’inscrivent en même temps pour ne pas générer de concurrence déloyale”, souligne Leatitia Flahaut.

Une directive trop généraliste

De plus, les modalités de récupération ne sont pas forcément appréciées par les particuliers eux-mêmes pour des raisons pratiques. Il est en effet habituel de transférer ses données de l’ancienne machine vers la nouvelle. La récupération par le commerçant de l’ancienne machine en échange de la nouvelle limite la réalisation de cette opération, parfois délicate à titre individuel. “L’initiative de la directive est très bien mais elle est mal adaptée à certaines catégories de matériel”, explique la responsable chez Dell.

En effet, du grille pain au matériel médical électronique en passant par l’ordinateur, la directive couvre l’ensemble des déchets électriques/électroniques sans prendre en compte les spécificités des uns par rapport aux autres. On ne se débarrasse pas d’un ordinateur comme d’un réfrigérateur.

Dell s’engage a récupérer ses ordinateurs

Fidèle à son image de vendeur en direct, Dell de son côté propose de récupérer le matériel obsolète directement auprès des intéressés. Le constructeur s’engage à collecter gratuitement (à concurrence de 31 kilos) l’ancien matériel au domicile du particulier qui achète un nouvel ordinateur ou bien si la machine à recycler est de marque Dell*. Les entreprises peuvent, elles, profiter du service ARS (Asset Recovery Services) à travers lequel le constructeur se charge de l’enlèvement du matériel obsolète. “Mais les entreprises estiment que leur matériel a encore une valeur marchande et le revendent sur le marché de l’occasion”, précise Laetitia Flahaut. Autant de composants qui échappent au circuit du recyclage.

A travers son initiative “vide grenier” prévue pour le 13 mai, Dell entend familiariser le grand public avec les problématiques de recyclage “pas toujours concerné parce que pas informé”, estime la porte-parole du constructeur qui espère également impliquer la municipalité. D’où le choix d’organiser l’événement dans la ville dans laquelle Dell France dispose de bureaux. Même si Rueil-Malmaison ne s’affiche pas comme un lieu très médiatique pour ce type d’opération. “On espère évidemment attirer l’attention des communes environnantes.” A Limerick, en Irlande, où le constructeur dispose d’une usine, une opération similaire avait permis de récupérer 19 tonnes de matériel.

*On trouvera des informations sur la politique de recyclage de Dell ici.


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