Deloitte : le portrait-type du mobinaute par l’exemple britannique

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Intérêt pour la 4G, désaffection pour les applications payantes, résistance du SMS face à la messagerie instantanée : Deloitte dresse le portrait-type du mobinaute en s’appuyant sur l’exemple britannique.

Fervent utilisateur des SMS malgré l’essor de la messagerie instantanée, séduit par les possibilités de la 4G, peu intéressé par les applications payantes… et tout simplement accroché à son smartphone : ainsi Deloitte décrit-il le mobinaute lambda. Le cabinet britannique d’audit et de conseil s’appuie sur les résultats d’une étude (document PDF, 16 pages) menée au mois de mai sur son marché national.

Premier constat : les mobinautes entretiennent une relation de plus en plus fusionnelle avec leur smartphone, qui se substitue au PC pour de nombreux usages, notamment la banque en ligne et le commerce électronique. Plus de 15% des mobinautes d’âge adulte consultent leur smartphone plus de 50 fois par jour. Les deux tiers s’en servent moins de 5 minutes après leur réveil : 33% vérifient en priorité leurs SMS ; 25%, leurs e-mails ; 14%, leur fil d’actualité sur les réseaux sociaux.

Autre conclusion établie par Deloitte : le SMS fait de la résistance. Alors que 45 millions de Britanniques envoient au moins un texto par semaine, seuls 24% des participants au sondage déclarent avoir un usage aussi fréquent de la messagerie instantanée. Ce qui, ramené à la population des mobinautes, représente environ 14 millions d’individus.

C’est en volume de données que la messagerie instantanée bat les records : ceux qui l’utilisent envoient en moyenne 55 messages par jour, contre 8 SMS. Les plus friands restent les 18-34 ans : près de la moitié déclarent s’être connectés au moins une fois à une application de type WhatsApp dans les 7 jours précédant l’étude ; ils ne sont que 15% dans la tranche de 45 à 75 ans.

Parmi les principaux facteurs qui poussent à opter pour la messagerie instantanée figurent le fait que des connaissances l’utilisent, la possibilité de communiquer sur les réseaux Wi-Fi, les économies par rapport aux SMS notamment pour discuter à l’étranger, une meilleure intégration des fichiers multimédias et l’implémentation des conversations de groupe.

Le très haut débit séduit

Deloitte constate également un essor sans précédent de la 4G, qui pourrait passer la barre des 10 millions de souscripteurs au Royaume-Uni d’ici la fin de l’année. Les débits qu’elle offre en pratique – quatre fois supérieurs à ceux de la 3G – étaient essentiellement exploités, en 2013, pour regarder des vidéos (usage principal pour 49% des interrogés) et envoyer des e-mails (45%). En 2014, c’est la messagerie électronique qui se place en tête de gondole, à égalité avec les réseaux sociaux (32%). La vidéo n’est que 7e, derrière la recherche en ligne, le commerce électronique, la navigation Web et la messagerie instantanée.

Une évolution des mœurs qui peut être imputée aux offres axées sur la vidéo que les opérateurs avaient mises en place pour accompagner le lancement de la 4G… mais aussi aux limites des enveloppes data : moins de 1 Go chez 25% des abonnés ; entre 1 Go et 3 Go pour un tiers d’entre eux. Le Wi-Fi reste d’ailleurs privilégié, à la maison, au bureau, mais aussi dans les lieux publics où un réseau est disponible.

Cette profusion d’usages ne se répercute pas pour autant sur le business des applications mobiles. Depuis le début de l’année, la proportion de mobinautes dépensant de l’argent dans du contenu numérique s’est réduit, tout comme leur panier moyen. Entre janvier et mai 2014, les Britanniques propriétaires d’un smartphone ont téléchargé en moyenne 1,8 application par mois, contre 2,4 en 2013. Ils sont un tiers à n’en avoir encore téléchargé aucune.

Selon Deloitte, la généralisation du très haut débit pèse lourd dans la balance : elle pousse à l’usage de services Web, la navigation étant bien plus rapide. On peut également estimer que les utilisateurs se satisfont des applications qu’ils ont déjà installées et qui s’améliorent au rythme des mises à jour.

En outre, les nouveaux utilisateurs, acquéreurs d’un smartphone sur le tard, se montrent moins tentés par les applications. En tout, ce sont 16% des possesseurs de smartphones qui n’ont jamais téléchargé une seule application. S’ils ne sont que 4% chez les 25-34 ans, ils sont plus de 30% chez les plus de 55 ans.

Au global, 17% des utilisateurs sont responsables de 100% des dépenses en applications mobiles, avec une moyenne de 0,9 livre (1,1 euro) par tête. Parmi ces mobinautes qui sont passés au payant, 8% l’ont fait pour améliorer une application gratuite. D’autres ont acheté de la musique (7%), des e-books (6%) ou des jeux (6%).

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Crédit photo : Goodluz – Shutterstock.com


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