Demi succès de WebTV aux US : mauvais présage ?

Mobilité

L’avance peu convaincante des Etats-Unis en matière de télévision interactive n’empêche pas Thomson TAK de se lancer dans l’aventure en Europe. La technologie choisie ne permet pas la vidéo à la demande, seul véritable service qui séduirait pourtant les téléspectateurs.

A l’heure où les premières télévisions interactives débarquent en France et en Europe (voir édition du 5 décembre 2000), voilà déjà quatre ans que Microsoft expérimente l’interactivité sur le continent nord-américain avec son service WebTV.net à travers deux niveaux de services : le WebTV Classic et le WebTV Plus. Si le premier offre l’accès Internet et ses services associés (e-mail, messagerie, etc.), seul le second apporte une interactivité, somme toute relative par rapport à ce qu’on peut trouver sur le Net. Elle permet, par exemple, de répondre en direct à un quiz télévisé, accéder à des informations ou encore d’afficher le programme télévisé. La technologie se base sur le standard ATVEF (Advanced Television Enhancement Forum) qui implémente des données dans le flux vidéo et s’appuie sur une connexion Internet pour le retour. L’accès étant assuré par WebTV.

Pas de vidéo à la demande“Ce qui est fantastique avec cette technologie, c’est qu’elle permet au producteur et au diffuseur d’élargir leur modèle économique”, explique Alain Le Hegarat, responsable du groupe projet Internet chez Microsoft France. Par ailleurs, “cette technologie permet de tester en permanence la qualité des interfaces et de mettre à jour le système de façon transparente”. Soit. A ce jour, un million d’Américains ont pris un abonnement. Ce qui peut paraître peu par rapport au nombre total d’habitants. Peut-être parce que ce système ne permet pas les programmes à la demande (notamment à cause de l’absence de liaison permanente dans les deux sens), seul véritable intérêt pour l’utilisateur.

En France, l’interactivité arrivera avec les téléviseurs TAK de Thomson Multimédia qui incorporent la technologie WebTV. Mais Microsoft laisse le soin à Thomson TAK d’assurer le service. “Nous sommes des fournisseurs de solutions, pas des opérateurs”, confirme Alain Le Hegarat. TAK va donc monter une plate-forme d’accès Internet et un centre de traitement de données. Et pour offrir l’interactivité tant promise depuis le plan câble en 1986, TAK devra convaincre diffuseurs et producteurs de contenus d’offrir des programmes à valeur ajoutée. Lesquels devront à leur tour convaincre les spectateurs d’utiliser ce type de services où le film à la carte n’est toujours pas au menu. La convergence tant recherchée n’est donc pas pour tout de suite. Comme le remarque Alain Le Hegarat, “les usages convergent mais les terminaux divergent”.


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