Des bornes pour réduire la facture “mobiles”

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Les boîtiers réduisant de moitié les coûts des liaisons fixe-mobile déplaisent fort aux opérateurs GSM.

Sagem, Nokia et Ericsson ont mis au point des bornes qui transforment les appels émis depuis un téléphone fixe en appel de mobile à mobile, avec le tarif avantageux qui va avec. Si la minute de communication depuis un poste fixe vers un GSM coûte 2,34 francs, en mobile-mobile, son prix tombe à environ 1 franc (selon le forfait ou l’abonnement). Ingénieux ? Intéressant ? Sans aucun doute. L’explosion de la téléphonie mobile a surtout fait exploser les factures téléphoniques. Dans certaines entreprises, ces appels représentent jusqu’à 25 % de la facture globale. Mais qui a déjà entendu parler de la borne PremiCell de Nokia ou du Telsat 4446 de Sagem ? En fait, il semblerait qu’un voile discret ait été jeté sur ces produits, véritable épine dans le pied des opérateurs de téléphonie mobile. En effet, ces derniers mettent au point des offres de convergence fixe-mobile qu’un tel boîtier, distribué en masse, pourrait mettre en danger. Chez les opérateurs, pas ou peu de commentaires. Officiellement du moins. Sur le terrain, les installateurs qui commercialisent ces boîtiers affirment que “les opérateurs tentent de se protéger de ce genre de matériel qui peut leur causer un tort non négligeable”. Un tort que vient illustrer Jean-Luc Veray, responsable chez le distributeur Intervalle, qui vend plus de 30 TelSat 4446 par mois depuis six mois. “C’est un produit de niche qui intéresse de plus en plus car le retour sur investissement est très court, environ un mois.” Seul Bouygues Telecom ne diabolise pas ces bornes, tout au contraire. L’opérateur en fait son fer de lance de conquête des entreprises en proposant la borne Nokia au prix de 5 000 francs aux clients ayant une flotte de plus de 20 portables. Ces derniers s’engagent par contrat à ne rerouter les appels via la borne que vers des mobiles Bouygues Telecom.Dans ce cas, le PABX sera configuré de manière à ne reconnaître que les numéros Bouygues. “Bien sûr, nous perdons de l’argent avec cette offre”, reconnaît un responsable de l’opérateur, arguant du fait que toute acquisition d’un nouveau client coûte un certain prix. Ces boîtiers commencent tout juste à percer alors que l’ART a levé son veto concernant leur commercialisation, il y a six mois environ.


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