Des traces de propagande nazie signalés sur YouTube en Allemagne

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Selon la chaîne ARD, la plate-forme de partage vidéos hébergerait des vidéos
incitant à la haine raciale. Un type de dérapage qui n’épargne pas la France.

C’est une mauvaise publicité pour YouTube en Allemagne. Une chaîne de télévision publique accuse la plate-forme de partage vidéo (propriété de Google) d’incitation à la haine raciale. A travers une enquête diffusée lundi soir dans l’émission Report Mainz sur le réseau de télévision publique ARD, YouTube s’est vu accusé de propagande nazie.

Selon les éléments rapportés par Reuters, le service Web 2.0 hébergerait des extraits d’un film de propagande antisémite de 1940 (Le Juif Süss) et deux clips du groupe de rock allemand d’extrême droite Landser sur fond d’images d’opérations militaires nazies de la deuxième Guerre mondiale. La mise à disposition de ce type de vidéos est jugée scandaleuse outre-Rhin. Selon l’enquête télé de l’émission Report Mainz, Salomon Korn, vice-président du Conseil central juif d’Allemagne, envisage des poursuites contre Google en Allemagne.

Autre témoignage accablant : Jugendschutz.net, organisme allemand de protection de la jeunesse, s’est plaint plus de “cent fois ” en vain auprès des responsables de la branche locale de Google. Malgré la demande incessante de retirer les vidéos litigieuses, certaines d’entre elles seraient restées en ligne presqu’un an. Google Allemagne n’a pas fait de commentaires pour le moment.

Si l’on peut comprendre que cette affaire de propagande nazie fasse beaucoup de bruit en Allemagne, la France n’est pas épargnée par les appels à la haine diffusés sur les plates-formes de partages vidéo.

En France, des signalements “fréquents et en hausse”

Contacté mardi après-midi par Vnunet.fr, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) se montre vigilante. Même si elle reconnaît ne pas mener de veille pro-active sur Dailymotion ou YouTube, les internautes peuvent en revanche signaler les abus sur le site Internet de la Licra.

Les cas les plus compromettants sont ensuite transférés aux autorités judiciaires. “Cela arrive souvent et le nombre de signalements est en hausse “, glisse le service juridique de la Licra, faute d’éléments quantifiables en l’état actuel.

Précédemment, la Licra était montée en première ligne pour dénoncer ses dérives comme dans l’affaire Aaargh du nom d’un site révisionniste hébergé à l’étranger ou les enchères d’objets nazis proposées sur Yahoo.fr.


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