Devolo : Le CPL est une bonne alternative à la fibre à domicile

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Devolo, spécialiste des solutions de courant porteur en ligne (CPL), parie sur ses solutions à l’heure de la fibre jusqu’à l’abonné (FTTH). Interview.

Et si le courant porteur de ligne (CPL ou comment faire passer l’accès Internet par la prise électrique) avait un rôle à jouer dans le déploiement du très haut débit dans les zones peu rentables pour les opérateurs ?

Une problématique qui intéresse Devolo, un spécialiste des solutions CPL.

Créée fin 2002, la firme allemande a développé une gamme d’offre (“dLAN”) permettant d’échanger des données numériques par le biais des lignes électriques.

Sa dernière solution (200 AVpro host) se présente, sous certains angles, comme une alternative à la fibre jusqu’à l’abonné (FTTH en anglais) ou même au VDSL pour proposer du triple play. On parle ici de la partie “verticale” du déploiement.

Interview de Marc Pichaud, responsable de la gamme professionnelle chez Devolo France (réalisée le 19 mars).

ITespresso.fr : Que pèse Devolo dans le CPL ?
Marc Pichaud : L’entreprise a été créée fin 2002 et se veut le leader européen des produits Courant Porteur de Ligne (CPL). Devolo compte 120 collaborateurs répartis entre le siège basé en Allemagne (Aix-la-Chapelle) et en Europe. Elle réalise un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros dont environ 20 millions d’euros sur le marché français.

ITespresso.fr : Vous continuez de croire au CPL à l’heure de la fibre jusqu’à l’abonné et de la 3G (et future 4G) pour la mobilité… n’est-ce pas risqué ?
Marc Pichaud : Le CPL permet de déployer facilement et rapidement des réseaux haut débit partout dans une maison ou une société sans avoir à tirer de câbles. C’est l’idéal pour répartir des flux vidéo TV HD à la maison entre plusieurs télés ou permettre le partage de fichiers multimédia, les jeux vidéo, ou encore la vidéo surveillance. En entreprise , le CPL permet d’étendre des réseaux filaires existants sans réinvestir dans l’infrastructure. De plus, le CPL a une puissance de rayonnement très faible, très appréciée des utilisateurs. Cette technologie fonctionne à la fois sur réseaux électriques, jusqu’à 200 mètres, mais aussi sur paires téléphoniques jusqu’à 400 mètres et sur réseaux coaxiaux jusqu’à 750 mètres.
Cela permet par exemple de réutiliser une prise d’antenne télé collective pour distribuer Internet sans perturber la réception télé ou bien convertir une installation de vidéo-surveillance analogique en IP sans recâbler.

ITespresso.fr : Dans quel contexte le CPL pourrait “remplacer” ou venir en complémentarité du FTTH ? Avec quel type de montage technique ?

Marc Pichaud : Dans les sites rénovés, le CPL permet de distribuer facilement et économiquement des services triples play sur les dernières centaines de mètres. Le CPL, quand il fonctionne sur câble coaxial de type télé, devient ainsi une alternative au recâblage et à la fibre optique. En exploitant l’existant, il n’y a pas nuisances ni d’interruption d’activité. C’est aussi un gain car il y a une compatibilité totale avec tous les autres supports réseaux. Enfin, en terme de sécurité des données diffusées, il permet une isolation du trafic entre les différents terminaux.

ITespresso.fr : Prenons un exemple… Quel est le coût pour raccorder un bâtiment résidentiel de 30 appartements en CPL comparé au FTTH ?
Marc Pichaud : Techniquement, un boitier CPL coaxial “émetteur” injecte le signal IP sur une antenne télé collective et 30 récepteurs dans les appartements. D’un point de vue économique, il faut compter 4500 euro HT (150 euros par boîtier x 30). Le temps d’installation est relativement réduit, entre 1 à 2 jours. Installer une fibre revient le plus souvent à plus de 500 euros par prise hors matériels actifs. Le temps de déploiement est d’au moins 5 Jours et requiert un personnel très qualifié donc très onéreux. En situation d’économie budgétaires, le CPL est la meilleure technologie. Il n’y a pas de perte de performance et il permettra de déployer des services IP sans avoir à réaliser des travaux de câblage supplémentaires. On concentre ainsi les budgets sur les matériels et applicatifs actifs.

ITespresso.fr : Votre technologie est-elle compatible avec d’autres constructeurs/fournisseurs ?
Marc Pichaud : Le CPL est en cours de normalisation IEEE (normalement fin du premier semestre). Tous les produits HomePlug 200AV seront supportés par la future norme qui a déjà définit des prochains débits à 500 Mbit/s, compatibles avec les solutions actuelles dont le débit est de 200 Mbit/s.

Exemple d’application CPL dans un immeuble. Chaque foyer peut en outre disposer de son propre réseau local pour connecter divers appareils (décodeur TV, téléphone IP…)

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