Le digital pour transformer les RH : Adecco fait le pari Shakhr

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Microsoft experiences 2017 : Adecco intègre un peu plus de digital dans son offre, sous l’angle de la relation entre grands groupes et travailleurs indépendants.

[Mise à jour du 5 octobre 2017 à 5 h 53 : contrairement à ce que nous mentionnions, Romain Trébuil a quitté son poste chez L’Oréal pour se consacrer à Shakhr. L’article est corrigé en conséquence.]

« Sur les deux dernières années, on se sera transformé plus que sur les cinquante précédentes. »

De tous les invités intervenus ce mardi dans le cadre de la plénière d’ouverture de l’événement « Microsoft experiences 2017 », Christophe Catoir aura été le plus affirmatif concernant le changement culturel et l’évolution des méthodes de travail que le digital a induits – mais aussi facilités – au sein de sa société.

Les propos du président France du groupe Adecco ont trouvé un écho chez Christel Heydemann comme chez Maurice Lévy.

Tandis que la première, présidente de Schneider Electric France, reconnaît avoir « [appris] à travailler en mode open innovation » avec un nouveau rapport au temps sous le prisme du développement logiciel, le second, président du conseil de surveillance de Publicis affirme : « On […] fait les mêmes choses, [mais] plus […] de la même façon. »

Au sein du groupe de publicité et de communication, la mutation à l’ère du digital s’est traduite par une réorganisation en quatre pôles opérationnels dans l’optique d’« abattre les silos » et de répondre aux demandes des clients de manière transversale.

Chez Adecco, le digital a accompagné le passage d’un modèle monocanal – basé sur des agences – à une relation omnicanale.

Avec des résultats probants, à en croire Christophe Catoir : six mois après le lancement du service « Mon agence en ligne » (sur base Salesforce), 42 % des commandes passées le sont en dehors des horaires de bureau.

« The Future of Work »

On surveillera, sur le court terme, le développement du projet Shakhr (prononcer « shaker »), monté avec la start-up du même nom, installée chez Adecco.

Microsoft accompagne, avec une équipe de développeurs, cette initiative qui vise à rapprocher les grands groupes et les travailleurs indépendants.

Il doit en résulter une plate-forme d’intermédiation qui répondra à trois enjeux majeurs pour les freelances : trouver des missions, être payé en temps et en heure et bénéficier d’un accompagnement au quotidien, sur des problématiques juridiques ou comptables.

La jonction est déjà faite avec le groupe L’Oréal, dont Romain Trébuil, CEO de Shakhr, fut directeur des achats. Tandis que son associé Guillaume Herrnberger, COO de Shakhr, avait rejoint Adecco dès 2011.

La date d’ouverture de la plate-forme aux indépendants est fixée au 14 novembre 2017, sur le marché français.

Les grands groupes devront se rapprocher de Shakhr, qui leur promet « davantage d’agilité » et « une vision étendue » grâce au recours à ces nouvelles formes d’emploi qui concerneraient 12 % des actifs en France (et 35 % des « millenials »).

Intelligence ambiante

Au rang des partenariats start-up d’Adecco figure aussi celui noué avec Kick My Bot pour développer, sur Facebook Messenger, un assistant à la recherche d’emploi.

Le groupe évoque 30 000 utilisateurs depuis le lancement à la mi-juin.

Sur le volet des assistants personnels, Maurice Lévy s’imagine l’avenir du commerce. Pour lui, la capacité des objets à communiquer entre eux permettra un jour de contourner le consommateur pour 40 % de ses achats alimentaires. Il faudra alors « comprendre comment convaincre un frigo d’acheter telle marque plutôt qu’une autre ».

Le vétéran de Publicis reste lucide, soulignant que l’intelligence artificielle, certes capable d’améliorer les processus, ne peut pas encore produire « ex nihilo » pour permettre un véritable « saut créatif ».

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Illustration du propos de Maurice Lévy : une IA a pu créer un tableau « style Rembrandt » à partir d’œuvres du peintre. Mais serait-elle capable de créer à partir de rien ?

En ouverture de la plénière, Peggy Johnson, responsable des partenariats monde pour Microsoft, aura elle insisté sur la dimension des assistants, pour illustrer la « philosophie d’ouverture » prônée depuis l’investiture de Satya Nadella à la tête du groupe.

Son exemple : les liens noués entre la technologie d’assistance Cortana et son homologue Alexa d’Amazon.

Photo d’illustration : de gauche à droite, Laurence Lafont, Guillaume Herrnberger, Christophe Catoir et Romain Trébuil.


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