Droit à l’oubli : Google déjà critiqué au Royaume-Uni

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Le droit à l’oubli relatif au moteur de recherche de Google alimente déjà la polémique au Royaume-Uni sur fond de liberté d’expression.

Google a d’ores et déjà reçu plus de 70 000 demandes de suppression de résultats de recherche. Le formulaire relatif au droit à l’oubli n’est pourtant en ligne que depuis le 29 mai 2014.

Mais déjà, certains sites d’information majeurs au Royaume-Uni s’émeuvent du retrait de certaines publications.

Rappelons que depuis le 29 mai 2014, Google est dans l’obligation de proposer aux internautes européens un formulaire de demande de droit à l’oubli. La CJUE (Cour de Justice de l’Union Européenne) estime en effet qu’avoir la possibilité de demander à Google de désindexer des résultats de recherche les concernant est un droit. Une jurisprudence qui a été établie en Espagne suite à la saisine de la CJUE par Mario Costeja Gonzalez.

Un formulaire en ligne permet ainsi à n’importe qui de faire valoir ce droit au sein de l’Union Européenne depuis le 29 mai 2014. Mais c’est seulement depuis fin juin que Google a commencé à désindexer des liens.

Droit_à_l_oubli_GoogleRapidement, des sites d’information britanniques se sont rendu compte que des liens vers certains de leurs articles avaient disparu. C’est le cas de The Guardian mais aussi de BBC. Ainsi, Robert Peston, éditeur économique sur le blog de la BBC, a constaté qu’un de ses articles datant de 2007 n’apparaissait plus dans les résultats de recherche. Une lettre d’information l’en informant a également été envoyée au journaliste par Google.

L’article en question traite de la manière dont Stan O’Neal, alors patron de la banque d’investissement Merrill Lynch, avait été contraint de quitter son poste après d’importantes pertes financières.

Si dans la lettre de Google, aucune mention n’est faite quant à l’identité de l’individu à l’origine de la demande de retrait, Robert Peston a rapidement conclu qu’il ne pouvait s’agir que de Stan O’Neal, la seule personne mentionnée dans l’article. Il s’est ensuite ravisé constatant que le lien vers l’article apparaissait toujours dans les résultats de recherche de Google lorsque seul « Stan O’Neal » faisait l’objet de la recherche.

Par déduction, le journaliste a compris que la demande faite auprès de Google ne pouvait qu’émaner d’un individu mentionné dans les commentaires de l’article.

Quelles que soient les intentions de Google dans ce cas présent, il démontre que la firme de Mountain View n’applique pas correctement les règles relatives à la demande à l’oubli. Pire, en l’état, elle apparaît comme une boîte de Pandore pour ceux qui veulent faire désindexer des publications même lorsque leur nom n’est pas mentionné (dans l’article).

Louable pour l’individu qui souhaite protéger sa vie privée, le droit à l’oubli tel qu’il est appliqué par Google peut donc aussi devenir un véritable frein à la liberté d’expression.

Crédit illustration : Bruce Rolff – Shutterstock.com


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