Du G4 au G5 : passage au silicium communicant

Mobilité

De la puce multimédia au processeur de réseaux de traitement de données. Après avoir fourni les outils pour réaliser du traitement massif de données numériques, Motorola semble vouloir proposer cette puissance de calcul sur une architecture permettant des traitements en réseau. Pour cela, le fondeur texan s’appuie désormais sur un bus ouvert, RapidIO, capable d’interconnecter tous les standards actuels.

Le nouveau processeur G4 répond aux nouvelles orientations de la maison mère du géant des infrastructures de télécommunications : Motorola, actuellement dans une très mauvaise passe en raison de son inefficacité et du retournement du marché des télécommunications, cherche à se repositionner. Pour le moment, dans l’attente d’un rebond du marché, le fondeur ne peut que réduire ses coûts. Cela se traduit par des milliers de suppressions d’emplois ou bien des prises de risques dans la fabrication de certains de ses composants, comme la limitation du cycle de son échangeur d’air de 12 à 6 cycles par minute dans ses salles blanches. Une mesure qui lui permettrait d’économiser jusqu’à 700 000 dollars par an (10 % de sa facture d’électricité) sur son usine de fabrication MOS-11 d’Austin, selon Bloomberg ! Le rebond des puces ? A la fin 2002, selon les pronostics. Et Motorola de se demander s’il doit garder sa division de production de puces. Un choix cornélien car celle-ci pourrait fournir les composants nécessaires à de futurs gains importants dans les réseaux de communication en fournissant une architecture capable de transporter à grande vitesse les données numériques… Réseau et multimédia, la quadrature du cercle de Motorola ! Le fondeur n’est pas le seul à explorer ces pistes de relance : en France, Alcatel cherche également un positionnement sur ce créneau. Enjeu, la télévision numérique à la demande, notamment, mais pas seulement, les infrastructures sans fil en ayant également besoin. Ericsson vient d’adopter le PowerPC dans cette optique. Le nouveau G4 de Motorola, sorti sous deux versions à haute et faible consommation d’énergie (MPC7455 et MPC 7445) et à fréquence variant entre 800 et 1 000 MHz, utilise la technologie HiPerMOS de silicium sur isolant (SOI), qui lui permet de limiter la dissipation thermique et la consommation d’énergie (voir édition du 31 août 2000). Ces deux puces sont compatibles avec la famille précédente de G4 (MPC 7450/7451 et MPC 7441), permettent un support multiprocesseur pleinement symétrique, adoptent des registres supplémentaires, une fonction de verrouillage du cache L1 (permettant au processeur de garder à proximité les algorithmes les plus utilisés dans ses registres) et disposent d’un support de cache L3 sur le MPC 7455. Celui-ci atteint les performances les plus élevées du benchmark EEMBC (Embedded Microprocessor BenchMark Consortium) qui supervise les besoins de cinq secteurs d’activité : Industriels/automobile, Consommateurs, Réseaux, Automatisation du bureau et Télécommunications. Le dernier G4 à 1 GHz s’avère le champion des calculs haute performance dans les domaines des portables et des communications, dont les communications sans fil.

G5, Altivec et RapidIO

Voilà bien l’enjeu technologique auquel la firme aux ailes d’argent se trouve confrontée : fournir la puce des prochains systèmes de transmission de données. Motorola s’appuie désormais sur les spécifications du prochain PowerPC (réunies dans le BookE défini avec IBM), sur la technologie AltiVec et sur RapidIO pour maximiser les performances réseau possibles avec ces composants. La solution proposée par Motorola consiste à embarquer sur une seule et même puce les fonctions nécessaires pour des traitements de données sur bandes passantes importantes et les calculs algorithmiques intensifs dévolus habituellement à des puces distinctes. Le G4 et AltiVec, déjà bien connus, apparaissent comme une première pierre à cette cathédrale numérique : ils doivent permettre d’atteindre le Graal des équipementiers de réseau ! Objectif : la téléphonie sur IP, les modems multicanaux, les systèmes de traitement de la parole, l’annulation de l’écho, les systèmes de traitement de l’image ou les systèmes de calculs scientifiques, tout comme les routeurs Internet ou les serveurs de réseaux privés virtuels (VPN). Mais la clé de voûte sera le passage au bus RapidIO, qui doit permettre à Motorola de faciliter à ses clients l’interconnexion de technologies standardisées comme les bus PCI ou PCI-X. L’apport de RapidIO tient dans sa capacité à être transparent pour les logiciels actuels, ainsi que pour les matériels. Il s’agit d’un standard ouvert de haute performance permettant aux architectures l’utilisant d’atteindre des débits de plusieurs gigaoctets par seconde. Le coeur du prochain G5 doit l’utiliser et permettre ainsi la rationalisation de l’utilisation des composants électroniques. Les cartes mères des Mac en seront chamboulées, s’appuyant sur RapidIO pour profiter à plein des capacités de ce bus qui utilise des composants dits standardisés, déjà disponibles dans le commerce pour un bon nombre d’entre eux. De bonnes raisons pour Apple de poursuivre l’utilisation de composants standard. Le G5 et RapidIO devraient donc permettre à la firme d’obtenir des coûts encore moins élevés.


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