Du rififi chez les salariés de RIM

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Une lettre ouverte à l’adresse des co-PDG de RIM jette un pavé dans la mare et fustige les nouvelles stratégies du groupe canadien. Son auteur, un salarié haut placé, dénonce les méthodes adoptées par la direction.

Alors que RIM, fabricant des BlackBerry, a vu ses parts de marché dégringoler de 19,7% à 12,9% en un an, les revendications de ses employés se font de plus en plus pressantes.

Le blog américain BGR vient d’ailleurs de rendre public une lettre rédigée par un salarié haut placé. Adressée aux deux co-PDG du constructeur canadien, cette déclaration fustige sans retenue la nouvelle politique de gestion du personnel et des projets.

RIM, dont les ventes de tablettes ne décollent pas, a récemment annoncé un plan de restructuration qui impliquera la suppression de 200 postes dans son fief de l’Ontario.

Une réorganisation qui n’est pas du goût des actionnaires. Ceux-ci sont une majorité à exiger la destitution de Jim Balsillie et Mike Lazaridis (actuels co-présidents de Research in Motion) en faveur d’un PDG unique.

Face au succès de l’iPad, ce billet aux airs de pamphlet agit comme le catalyseur des tensions qui règnent chez RIM depuis la sortie de sa tablette Playbook.

Selon ce haut responsable, dont le nom n’a pas été révélé, RIM adopterait une politique attentiste et suiveuse, ce qui le conduirait à commettre des erreurs stratégiques notoires.

Nous prenons souvent des décisions sur les produits en nous fondant sur des alignements stratégiques, les demandes de partenaires ou même des avis juridiques. L’utilisateur s’en fout“, peut-on lire dans cette lettre.

Persuadé que l’innovation et la différence feront de la gamme BlackBerry un succès commercial, son auteur évoque “des gens [qui] aiment des produits magnifiquement conçus, centrés sur l’utilisateur et qui fonctionnent comme ils sont supposés le faire“.

L’idée étant que les produits signés Apple bénéficient d’une image de marque qui compense le vide laissé par l’absence de certaines technologies comme le Flash.

Autre suggestion : fournir plus d’applications en élargissant la communauté des développeurs. “Les applications pour les smartphones BlackBerry sont nulles. Même la PlayBook, avec toute sa puissance, a l’air d’un jouet avec ses applications Flash/Adobe AIR“.

Même son de cloche chez de nombreux éditeurs de logiciels, qui envisagent de boycotter une plate-forme “trop complexe et trop coûteuse en comparaison de son nombre d’utilisateurs“.

En effet, le kiosque d’applications mobiles App Store pour les terminaux Apple regroupe actuellement 425 000 apps. C’est deux fois plus que l’Android Market et sans commune mesure avec les 35 000 que compte le BlackBerry App World.


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