e-Musique : Universal Music digère mal Deezer.com

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La major assure n’avoir pas signé d’accord catalogue avec Deezer.com. A côté,
le service de musique en streaming est victime d’une faille gênante.

A peine ouvert et déjà en conflit. Le service en ligne gratuit de diffusion de musique Deezer.com vient de s’attirer les foudres de Universal Music France et de la SPPF (Société civile des producteurs de phonogrammes en France).

Dans un communiqué daté du 24 août 2007, la filiale musicale du groupe Vivendi précise « qu’aucun accord de son catalogue n’a été signé avec le site Deezer.com« . En conséquence, les fichiers musicaux d’Universal Music présent sur le site sont exploités « de façon illégale« .

De son côté, Jérôme Roger, le président de la SPPF, a déclaré à l’AFP que « la position d’Universal est logique, Deezer est en faute du point de vue de la propriété intellectuelle » et juge l’attitude du site « imprudente« .

Deezer.com propose des dizaines de milliers de titres (200 000 selon différentes sources) en écoute libre et illimitée par les internautes qui ne peuvent, théoriquement, pas télécharger les fichiers (proposés en streaming, uniquement). Un service parfaitement légal, selon Deezer qui a signé des accords avec la Sacem dans ce sens.

Jonathan Benassaya, cofondateur et président du service précédemment connu sous le nom de Blogmusik.net, s’étonne des déclarations d’Universal. Comme il l’avait précisé à Vnunet.fr, des négociations sont en cours avec les maisons de disques, majors comme indépendants.

« Nous ne sommes pas des voleurs, ni des menteurs »

« J’ai encore eu Pascal Nègre (président d’Universal Music France, ndlr) au téléphone ce matin et nous avons confirmé notre volonté de signer des accords au plus vite« , déclare aujourd’hui Jonathan Benassaya à Vnunet.fr. « Nous ne sommes pas des voleurs, ni des menteurs, nous avons vocation à signer avec toutes les majors. »

En revanche, le dirigeant se refuse à commenter les propos de la maison de disque rapportés par l‘AFP qui aurait demandé le retrait de son répertoire sur Deezer. Si les négociations sont sur le point d’aboutir avec la major, comme l’affirme Jonathan Benassaya, cette demande ne fait effectivement pas sens.

Pas de téléchargement sur Deezer.com…à voir
La problématique des droits d’exploitation musicaux n’est pas la seule qui préoccupe Deezer. Le site est également victime d’une « faille » technique qui permet à ses utilisateurs un peu malins de les enregistrer sur leur disque dur alors qu’ils ne sont proposés qu’à l’écoute. Une extension pour le navigateur Firefox permet notamment d’enregistrer les morceaux écoutés au format MP3 directement à partir du site Deezer.com. Ce qui peut s’apparenter comme une violation des accords passés avec la Sacem et met en position délicate le service en ligne vis-à-vis des ayants droits. « C’est un fonctionnement inhérent à Internet« , justifie Jonathan Benassaya, « nos ingénieurs sont dessus et une solution prête demain matin. » Jusqu’à la prochaine faille Internet…