e-RH : Viadeo repart à l’assaut avec moins de fardeau

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Après restructuration, Viadeo veut ouvrir un « nouveau chapitre de son livre » avec un nouveau CEO et un focus sur le marché sur les outils de recrutement en France.

Viadeo veut repartir sur de nouvelles bases, tout en s’appuyant en partie sur son héritage. Renier Lemmens, CEO de Viadeo, vient de présenter la nouvelle stratégie dont la principale orientation peut se résumer ainsi. On se concentre sur le marché français pour devenir un acteur référent du recrutement en France à l’ère du numérique.

Avec l’arrivée du nouveau boss (et la mise à l’écart du dirigeant co-fondateur Dan Serfaty), la société lâche l’international et veut affiner son positionnement pour que l’on arrête la comparaison systématique avec l’Américain LinkedIn jugée inappropriée.

« Nous avons stoppé trois marchés réputés difficiles d’accès : la Chine, la Russie et l’Inde. Nous avons également éliminé 8 langues », explique Renier Lemmens, qui préfère s’exprimer en anglais (mais l’ex-manager de PayPal Europe, Moyen-Orient et Afrique comprend très bien le français en ayant appris la langue au pays-Bas et lors de son passage à l’INSEAD).

On le sait : la restructuration étalée de Viadeo sur plusieurs années a été sévère. En France, l’effectif est passé de 447 salariés fin 2013 à 299 fin 2014 pour tomber désormais à un niveau de 150 collaborateurs. Renier Lemmens préfère évoquer de « départs naturels liés au rythme d’une vie de société » mais sans passer par la case plan social.

Le nouveau CEO considère qu’il n’est plus nécessaire de réduire la voilure de l’équipe Viadeo. Place à une gestion en voie d’assainissement de la société avec le cap d’un EBITDA positif en 2017 et même la rentabilité (« cash posititive ») à atteindre dans la deuxième partie de cette même année.

Viadeo vise le marché du recrutement des PME en France

Alors comment se présente la stratégie « ViaNext » ? Elle se concrétise par une série de nouveaux modules de fonctions sur la plateforme Viadeo pour « favoriser la mobilité et l’emploi », « accompagner les recruteurs dans la transformation digitale de leur métier » et « asseoir la position de référent sur la French Tech RH ».

Sans vraiment de surprise, le produit phare s’appelle ViaJob dédié à la mise en relation de candidats et de recruteurs en ciblant le segment des PME et des TPE.

Deux nouvelles offres premium sont mises en avant : un abonnement « à un coût raisonnable » pour poster un nombre d’annonces en illimité (850 euros par mois tout de même). Pour les TPE, il sera possible de souscrire à un abonnement à 49,95 euros par mois.

D’autres outils sont mis en place comme ViaYou (« pour mettre en valeur leur vraie personnalité professionnelle grâce à de nouveaux outils innovants », notamment à travers la vidéo) ou ViaBiz (promotion du business des annonceurs par cibles affinées).

Le nouveau Viadeo s’inscrit également dans une démarche d’incubation avec l’accueil de start-up susceptibles de « matcher » avec ses propres besoins. Les contours d’un partenariat avec Le Lab RH (collectif qui regroupe plus de 160 start-up sur ce thème) seront dévoilés à la mi-juin.

Enfin, via le service ViaFR, Viadeo veut accompagner les chômeurs, les étudiants et toutes les personnes du monde de l’éducation à exploiter les outils de la plateforme de recrutement « pour soutenir la dynamique professionnelle de ceux qui font l’emploi de demain sur le marché français ».

Tout comme les problématiques rencontrées par SFR, Renier Lemmens est conscient qu’il faut relancer la machine commerciale de Viadeo alors que les plaies du passé ne sont pas totalement estompées.

Comme ce redressement fiscal portant sur la filiale américaine qui porte sur un montant de payer 8,5 millions d’euros de TVA et 3 millions d’euros d’impôts sur les sociétés. « Nous estimons que nous ne sommes pas redevables de cette somme pour de nombreuses raisons qui ont été étayées dans un rapport de 150 pages. Celui-ci est actuellement examiné par le ministère des Finances », précise Renier Lemmens dans une interview accordée au Journal du Net.

Alors, « comment être incontournable sans être exclusif ? », suggère le CEO plutôt à l’aise dans cet exercice de communication lors de la conférence de presse.

Ce sera déjà un défi audacieux à relever avec l’appui de Françoise Gri (ex-Manpower France, IBM France ou Pierre&Vacances), qui vient de prendre les fonctions de présidente du conseil d’administration de Viadeo.

Il reste à prouver la pertinence du nouveau positionnement et à confirmer l’exploitation viable de sa base de membres (11 millions mais on ignore la proportion réellement active sur la plateforme).

Et convaincre les investisseurs…Sur le front de la cotation Euronext, le cours de la société s’est écroulé (le titre ne vaut plus qu’1,68 euro en l’état actuel).


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