E. Sansonny (Amen): “Le passage sur une offre dédiée fait souvent peur”

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Le directeur commercial de l’hébergeur français revient sur le développement exponentiel des offres d’hébergement virtualisé.

Racheté par le groupe italien Dada dans le courant de l’été, Amen veut continuer d’innover et affirme son ambition de devenir un acteur majeur de l’hébergement Internet en Europe. Hasard du calendrier ou riposte à Gandi qui a lancé son offre d’hébergement virtualisé en version “commerciale” la semaine dernière ? Amen dévoile à son tour une nouvelle gamme de serveurs virtuels sous Linux basptisés VDS+ et disponible à partir de cinq euros par mois. Au coeur de cette nouvelle offre figurent les technologies Virtuozzo 4 et Plesk 8.6 de l’éditeur Parallels. Vnunet.fr a interrogé Eric Sansonny, le directeur commercial d’Amen sur la stratégie de l’hébergeur en matière de serveurs virtualisés. (Interview réalisée le 7 octobre 2008)

Vnunet.fr : Un client qui souhaite louer un serveur dédié aurait-il tendance à se tourner plus facilement vers un serveur virtuel lorsque ses usages le permettent ?
Eric Sansonny : Le changement de comportement ne se situe pas vraiment sur la clientèle de type serveur dédié mais plutôt sur la clientèle du mutualisé. Le passage sur une offre dédiée fait souvent peur en raison des tâches d’administration qui vont de pair. La vraie nouveauté réside dans le fait que les performances des serveurs privés s’approchent de plus en plus des serveurs dédiés mais avec une certaine tranquillité d’esprit car la plate-forme est infogérée. Et surtout en raison du prix car aujourd’hui à cinq euros par mois, les serveurs privés sont au niveau tarifaire d’un hébergement mutualisé. Notre offre permet à l’utilisateur de dimensionner sa configuration en fonction de ses besoins (RAM, processeur, espace web, trafic, version de Plesk… ) et de faire évoluer son serveur avec une grande souplesse.

Vnunet.fr: Pouvez-vous nous donner quelques informations techniques concernant ces offres ?
E. Sansonny : Tout dépend du type d’offre souscrite, un même serveur hébergeant plusieurs offres différentes. Par conséquent, on oscille entre 30 et 180 VPS par serveur, la moyenne se situant autour des 60 VPS par serveur. Les machines sont des Dell Bi-Xeon Quad-Coeur 5450 avec 32GB de RAM et disques SAS en RAID5. En termes de bande passante, chaque Nod est reliée en Gigabit aux master-switches. Il n’y a donc pas de limite ni de garantie en bande passante, mais une limitation du trafic par VPS.

Vnunet.fr: Quelle est la charge maximale pour un site Web sur un serveur virtuel chez Amen ?
E. Sansonny : Pour l’offre d’entrée de gamme, on peut estimer 30 à 40 000 pages vues par jour comme étant tout à fait envisageable. Nous avons réalisé des tests mais qui ne sont pas nécessairement objectifs, car grâce ou à cause de la virtualisation vous pouvez facilement exploiter à un instant T 70% des capacités du serveur si les autres serveurs privés ont une faible consommation en ressources. Cela revient alors à comparer un Bi-Xeon Quad-Coeur avec un Celeron ou un Atom… En moins d’un mois, de nombreux clients utilisant un serveur privé ancienne génération sont passés sur la nouvelle offre et pour le moment nous n’avons que des retours extrêmement positifs.

Vnunet.fr: Pourquoi avoir préféré un système packagé et propriétaire [Virtuozzo édité par Parallels, NDLR] plutôt que de réaliser des développements internes à base open source ?
E. Sansonny : Tout comme l’offre de Gandi, le VPS est une solution virtualisée, sur laquelle nous pouvons garantir la disponibilité des ressources pour chaque utilisateur. Mais nous avons fait le choix de la continuité, puisque nous commercialisons ce type d’offres depuis plus de cinq ans. En reconduisant notre partenariat avec Parallels, nous sommes sûrs de la stabilité d’une solution éprouvée par des dizaines de milliers d’utilisateurs, alliée à une très grande simplicité d’administration grâce à l’interface Plesk, référence absolue en la matière. Le monde de l’open source est très fertile et novateur. Néanmoins le succès de chaque projet dépend majoritairement de l’activité de la communauté qui l’entoure notamment en matière de support. Or, nous ne pouvons pas nous permettre de transiger sur ce point et le support d’un éditeur comme Parallels nous permet, ainsi qu’à nos clients, de gagner un temps précieux lorsqu’un problème complexe apparaît.

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