Edward Snowden : que la loi, la science et la technologie protègent notre vie privée

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En participant à une session live chat depuis la Russie, Edward Snowden poursuit sa croisade contre la cyber-surveillance de masse supervisée par les agences de renseignement américains.

Comme prévu, Edward Snowden s’est prêté jeudi soir au jeu des questions-réponses lors d’une session de live chat (en fait, une séance de questions-réponses écrites en direct sur le site Freesnowden.is). En une dizaine de questions posées par les internautes via Twitter (hashtag #AskSnowden), il nous livre son état d’esprit au regard de sa situation spéciale.

“Je suis conscient que mes révélations constituent un risque pour ma vie mais je ne me laisserai pas intimider. Faire les bonnes choses signifie qu’il ne faut pas avoir de regrets”, considère-t-il. En multipliant les révélations associées aux pratiques de cyber-espionnage à grand échelle par la NSA, l’ancien consultant informatique rattaché à la puissante agence de renseignement américaine sait qu’il risque gros. Demander l’asile politique en Russie en dit long sur l’imbroglio de l’homme par qui le scandale Prism des cyber-écoutes a éclaté. D’ailleurs, ce statut de réfugié accordé par Vladimir Poutine a été émis de manière provisoire pour un an.

Accusé d’espionnage, il ne conçoit pas de retour possible aux Etats-Unis. Impossible sans un changement de loi. Il ne peut bénéficier du statut de protection des lanceurs d’alerte (whistleblower) dans son pays natal. “Mon retour serait la meilleure solution pour le gouvernement, le public et moi-même. Mais c’est malheureusement impossible sans changement de la législation en vigueur en matière de protection des lanceurs d’alertes, qui exclue des conseillers sous-traitants comme moi travaillant pour la sécurité nationale.” Dans ces conditions, impossible d’attendre un procès équitable et de monter une défense face à un jury, considère-t-il.

Edward Snowden n’en démord pas. Les autorités américaines ont dépassé les bornes avec la surveillance des citoyens.  “Même le Président des Etats-Unis considère que l’on a été trop loin dans la collecte en masse d’informations d’ordre privé sur des citoyens ordinaires américains, qui n’ont jamais été soupçonnés du moindre délit. C’est une infraction de notre protection constitutionnelle contre les fouilles et saisies illégales. Le fait de conserver des éléments portant sur des communications téléphoniques ou des échanges d’e-mail pour chaque Américain est un gaspillage d’argent, de temps et de ressources humaines qui pourraient être mieux dépensés par le gouvernement dans la recherche et la détection de véritables menaces.”

Edward Snowden : Sécuriser le droit au respect à la vie privée dans le monde

Alors que Barack Obama a fixé un cadre de réforme des pratiques d’espionnage des agences de renseignement, Edward Snowden reste confiant vis-à-vis des institutions de son pays. “Nous pouvons modifier la loi, encadrer les dérives des agences de renseignement et demander des comptes à des haut responsables de l’Etat”, poursuit-il.

Selon l’ancien consultant informatique de la NSA , les enjeux relève davantage du droit international : il s’agit de revenir à une “norme raisonnable au niveau international pour encadre les activités d’espionnage.” Certes, il faudrait instaurer un “forum global” associé à un financement dédié au développement de standards de sécurité pour que notre droit au respect de la vie privé soit vraiment appliqué. “Pas seulement à travers le cadre juridique mais aussi à travers la science et la technologie”.

Au passage, Edward Snowden assure dans la retranscription du chat qu’il ne s’est pas infiltré dans les méandres des systèmes d’information et des programmes de renseignement de la NSA de manière détournée. Ce qui contredit des éléments fournis par Reuters lorsque l’affaire Snowden a éclaté. “Je n’ai jamais volé de mots de passe ou dupé une armée de collaborateurs”.

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